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Les attaques de Athmane Saâdi contre Aït Menguellet et Idir

… Et la caravane passe !

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N’eussent été la rage et le besoin de réparation exprimés par de nombreux lecteurs qui nous ont contactés, les déblatérations que Athmane Saâdi a consacrées, dans le journal Echourouk, à son sport favori, à savoir la stigmatisation de tout ce qui est amazigh, n’auraient sans doute bénéficié d’aucun prolongement ou espèce de commentaire dans notre journal. Le retour aux archives de notre quotidien peut édifier le lecteur sur le nombre de fois où les vociférations haineuses de ce sieur ont suscité des réactions de notre part, espérant un jour que l’âge de ce sieur et l’évolution de l’Algérie et du monde l' »assagiraient ». Il n’en est apparemment rien. La semaine passée, il s’en est violement pris aux artistes Aït Menguellet et Idir, pour avoir refusé l’invitation de se produire dans le festival « Constantine, capitale de la culture arabe ». En plus de s’attaquer à ces deux sommités de la culture kabyle et amazighe, le sieur Saâdi s’érige en donneur de leçons d’histoire et de… géographie. La sénilité et la pathologie de la haine qui le ronge lui font dire que Cirta (actuelle Constantine) était arabe depuis la venue des Phéniciens au 8e siècle avant J-C, et que le Brésil était connu des Arabes… six siècles avant J-C. Les dérives et les insultes dont s’est rendu coupable Saâdi ont amené le journal Echourouk, pourtant peu porté sur le respect de la déontologie, à insérer une… précision, pour nous faire savoir que les propos du « contributeur » n’engageaient que sa personne. Dans sa sensation de vide sidéral et de sentiment de frustration, y compris au sein de l’Association de défense de la langue arabe qu’il préside pour laquelle il n’a rien apporté il lance ses flèches contre Mouloud Mammeri, Salem Chaker et tout ce qui respire authenticité et engagement dans ce pays. Il a même demandé aux autorités de démolir la statue de la Kahina érigée à Baghaï, dans la wilaya de Khenchela, parce qu’elle avait combattu les soldats musulmans! Ses modèles sont connus de tous, ceux du baâthisme qui a fait des ravages en Irak et en Syrie et qui n’est pas totalement étranger à la « daechisation » du Moyen-Orient telle qu’elle est menée actuellement. Sur sa page Facebook, il arbore encore des photos qu’il avait prises avec Saddam Hussein et Hafedh Al Assad, lorsqu’il était ambassadeur dans la région. Ce genre de combat d’arrière-garde est sans doute la preuve de la justesse de la voie qu’ont empruntée les patriotes de ce pays, les défenseurs de l’authenticité algérienne et la jeunesse qui refuse d’être prise enchaînée dans des schémas désuets, puérils et ridicules. Les partisans de ces fumisteries, dont Athmane Saâdi paraît être le porte-parole attitré ont perdu l’initiative, si tant est qu’ils l’aient eu un jour. Leur rage, dégoulinant d’anathèmes, est nourrie essentiellement par leur sentiment d’impuissance devant le monde qui évolue sans eux, une jeunesse algérienne qui échappe à leur tutelle, une histoire qui s’écrit au présent et qui n’a cure des aboiements, aussi sourds soient-ils. 

Amar Naït Messaoud