Accueil National L’Aïd des uns et l’Aïd des autres !

Cherté de la vie, baisse du pouvoir d’achat, morosité…

L’Aïd des uns et l’Aïd des autres !

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À la veille de l’Aïd, les citoyens algériens se préparent à accueillir cet événement, attendu des grands comme des petits, dans les meilleures conditions possibles.

En effet, le jour de l’Aïd El-fitr, pour la population musulmane, est synonyme de joie et de satisfaction d’avoir accompli le quatrième pilier de l’Islam. Mais sur le plan social et économique, cette fête prend une toute autre dimension. Les parents s’obligent à satisfaire leurs enfants et subvenir aux besoins de leurs foyers en ce jour spécial. Ils doivent également respecter la tradition, qui veut que les familles se rendent visite durant ce jour, et pour ce faire rien n’est gratuit. Ainsi, pour un père de famille qui a à sa charge deux enfants et qui touche en moyenne 30 000 DA par mois, les choses ne sont pas si simples. Il doit d’abord acheter des vêtements et des jouets pour les petits, ce qui n’est pas évident avec la flambée des prix, notamment à la veille de cette occasion. Pour un petit haut et bas, sans chaussettes ni souliers, on ne devrait pas être loin des 3000 DA. Sinon pour un complet de juste moyenne qualité c’est 10 000 DA au bas mot pour les deux enfants. Et puis, il y a les besoins du ménage, les fruits et légumes, les dépenses des gâteaux, des boissons, de la viande,… Et les prix brûlent à tous les niveaux. La tomate et la courgette sont proposées à 120 DA, le concombre à 100 DA, la pomme de terre à 30 DA, les carottes à…200 DA, la pastèque à 45 DA, les bananes à 180 DA, les œufs à 280 DA le plateau, la viande à 900 DA… Autant dire que le couffin n’est pas du tout donné. Alors là si on songe aux autres dépenses ordinaires telles les charges d’électricité du téléphone, du gaz… C’est à vous donner le tournis. Et encore ! Qu’en sera-t-il de ces pères de familles à faibles revenus, quand on sait que le plus insignifiant des jouets coûte 200 DA. Pas du tout évidant de s’en sortir pour un smicard à 18.000 DA, sachant que les seules factures d’électricité et d’eau vous coûte à peu près la moitié d’un tel revenu. La fête de l’Aïd devient alors un fardeau lourd à porter. Le pouvoir d’achat de l’Algérien est sérieusement mis à rude épreuve. Le déséquilibre affecte d’ailleurs profondément son mode de vie et l’accable. La crise économique ne va pas trop arranger la situation. L’Aïd, comme beaucoup d’autres fêtes actuellement, est devenu une occasion que redoute le simple citoyen. Pour les malades en quête d’une prise en charge en parallèle, c’est une tout autre histoire. Tout comme, ces nombreux SDF qui errent les villes et village… C’est clair que l’Aïd ne pourrait être partout, et pour tous, le même !

Kamela Haddoum