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Point d'ordre

Le logement, ce capharnaüm d’incertitudes

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Par S. Ait Hamouda

Avoir un toit au-dessus de la tête est, pour ainsi dire, mises à part les procédures qui préparent l’accès au sésame, acrobatique. Il faut être funambule, trapéziste et magicien, à la fois, et à savoir. S’imaginer régler ce problème de droit constitutionnel est plutôt utopique et illusoire, pour la simple raison que ce qui est élémentaire devient compliqué, et souvent, l’administration n’y est pas étrangère. Il y a dans chaque organisme administratif des éléments qui ont l’art de tout parasiter. C’est chez eux un don de mettre les bâtons dans les roues pour empêcher le citoyen d’acquérir un lieu où vivre et mourir en paix. Ces énergumènes s’ingénient à compliquer sadiquement l’existence aux nombreux solliciteurs de logements, qu’ils soient sociaux ou apparentés. Ceux à qui incombe la charge de loger le citoyen dans des infrastructures aux normes admises par tout le monde, fourguent au dit citoyen le plus souvent des demeures-gourbis modernes sans la moindre assurance contre les catastrophes naturelles ou artificielles causées par les négligences des entrepreneurs toujours pressés de livrer leur pseudo logements au plus vite. Les défauts, vices et tromperies de la construction ne sont nullement recensés lors de la livraison. Mieux, les entrepreneurs reçoivent immédiatement le quitus de travaux finis pour se faire payer et s’en aller allégrement comme ils sont venus. Vont-ils se gêner quand même les services agréés par l’État pour effectuer le contrôle et le suivi des chantiers depuis l’étude du sol, étape par étape, jusqu’à la réception de la construction, font du respect des normes le dernier de leurs soucis, quand ils n’ignorent pas jusqu’au site abritant l’objet de leur mission ? De ce fait, résultent les «curiosités» qui font aujourd’hui notre décor urbain : du bâti dont la contradiction nargue les standards de l’urbanisme planétaire, aux antipodes de l’harmonie ni avec les exigences de l’environnement, ni avec celles d’une vie paisible, ni tout bonnement avec ce que peut recouvrir le concept architecture. Il convient de mettre un tant soit peu d’ordre dans ce capharnaüm inénarrable…
S. A. H.