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BEJAÏA - Patrimoine immatériel

De l’enjeu de la sauvegarde de l’antique Petra

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Le château de l’antique Petra, un patrimoine immatériel exhumé sur le site de Mlakou, sur la rive droite de la Soummam, est inscrit le 22 février 2017 sur l’inventaire supplémentaire des biens culturels de la wilaya de Bgayet. Les experts s’accordent sur l’enjeu du classement en tant que patrimoine national, de ce bien immatériel qui n’a pas livré tous ses secrets, ni révélé tous ses mystères. Une démarche qui devrait s’accompagner par l’ébauche d’un plan de sauvegarde du site, actuellement voué à la dégradation et exposé aux déprédations et au pillage. Le site se situe à une dizaine de kilomètres à l’ouest du chef lieu communal de Seddouk. Il est implanté sur un éperon dominant une grande partie de la vallée de la Soummam, dans un domaine agricole de céréaliculture du village Akhenak. Le site antique de Petra a fait l’objet de recherches et de localisations par une équipe d’archéologues de l’institut d’archéologie de l’université Alger 2. Depuis l’année 2008, plusieurs visites ont été organisées dans la région, sans résultat. Mais les premiers sondages de la bretelle de l’autoroute, qui relie la ville de Bgayet à l’autoroute est-ouest, ont mis au jour des traces de ruines. Une alerte a été déclenchée par l’association locale «Talwith» et les citoyens de la région. Dans l’urgence, une équipe d’archéologues de l’institut d’Alger s’est dépêchée sur les lieux pour évaluer le type de ruines dégagées. En un temps record, l’équipe d’archéologues a présenté au Ministère de la Culture un projet de fouille du site. Les services concernés ont offert toutes les facilités, après validation du projet de fouille par l’institution. Au mois de mai 2014, l’équipe du projet avait organisé la première campagne de fouille dans le but d’effectuer quelques sondages et évaluer le type de trouvailles, ainsi que la délimitation du site. Concernant l’histoire des propriétaires de ce château, il existe plusieurs versions, parmi lesquelles celle d’Ammien Marcellin. Selon cette dernière, la famille Nubel est formée de six frères et d’une fille : Firmus, Masuca, Dius, Mascesel, Gildon, Sammac et Kyria. Après le décès de leur père Nubel en 371, la tradition veut que l’héritier du trône soit l’enfant ainé et légitime. Le malentendu sur la question de la gestion et l’héritage paternel éclate entre Firmus et Sammac. Ce dernier est soutenu par Rome, dont il est un des alliés. Ce qui n’était pas du goût de Firmus, qui était le plus proche de son frère, par contre Sammac serait un enfant illégitime car issu d’un concubinat. Quant à la cause directe de la révolte, la même source l’explique par les querelles familiales et l’assassinat de Sammac par Firmus. Cela avait suscité la réaction immédiate de Rome, qui a dépêché une campagne militaire conduite par le général Théodose. De Lyon (Lugdunum), il débarque à Jijel (Igilgili) avec une armée importante. Il a pris en main les troupes africaines de l’armée romaine et installa son camp à Tiklat (Tubusuptu). Firmus essaya de négocier avec Théodose mais sans résultats. Ce qui l’a poussé à déclarer la guerre contre les romains. La première bataille a eu lieu entre les deux adversaires dans la haute vallée de la Soummam. L’armée de Firmus était dirigée par deux des frères Nubel, en l’occurrence Dius et Mascesel. L’écrivain de Théodose décrit que l’armée de ces derniers était formée de combattants mal organisés, légèrement équipés et Theodose n’avait eu aucune peine à les vaincre et à les disperser. Cette guerre a été poursuivie dans d’autres localités de la Mauritanie Césarienne. Elle dura trois ans et se termina par le suicide de Firmus, la destruction du château de Petra et la libération de localités prises par Firmus : Alger (Icosium) et Cherchel (Caesarea).
N. Maouche