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Issers

47 familles en danger au camp colonial Rif

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Les habitants du camp colonial Rif dans la commune des Issers, à l’est de Boumerdès, ne savent plus à quel saint se vouer, en ces temps pluvieux. Ainsi, depuis le début de la semaine dernière, qui coïncide avec les chutes de pluie ininterrompues, ces familles, qui résident depuis plusieurs années dans ces habitations précaires, datant de 1940, endurent les pires difficultés et vivent la peur au ventre, surtout après l’effondrement d’une maison. Chaque jour, ces citoyens organisent des rassemblements sur la bordure de la route qui jouxte leur camp pour attirer l’attention des autorités locales quant aux dangers qui les menacent depuis longtemps.

D’ailleurs, des banderoles, où l’on peut lire «Le camp Rif menacé d’effondrement», «Où sont les promesses des responsables ?», «Les habitants meurent lentement», «A quand notre relogement ?», sont accrochées sur les murs de plusieurs habitations précaires et sont perceptibles de loin. Ahmed, la quarantaine dépassée, raconte : «Nous vivons dans des conditions inhumaines, où certaines familles partagent un F2, entre 6 à 10 personnes, sans douche. Aussi, les toitures, faites de plaques d’amiante, connaissent des infiltrations des eaux de pluie à la moindre averse.»

Et d’ajouter : «Je suis né ici et j’ai grandi ici mais je n’ai jamais vu un responsable se déplacer pour voir dans quelle situation nous vivons depuis plusieurs décennies. Des élus viennent juste de nous rendre visite, lors de rendez-vous électoraux.» Il est à signaler que le site, qui se trouve au bord de la route qui mène vers Tizi Ghennif et Chabet El Ameur, s’est bidonvillisé, ces dernières années. Il est dépourvu de réseaux d’assainissement mais aussi d’aménagement et d’électricité.

«Nous avons cru en les promesses des responsables qui se sont succédé à la tête de l’APC, mais ils n’ont rien fait pour changer notre quotidien. La seule chose qu’ils ont faite, c’est la construction des locaux commerciaux du Président déchu à l’entrée du camp. Mais ces derniers n’ont jamais été ouverts et sont devenus des lieux de délinquance», a affirmé un autre habitant des lieux qui assure être atteint de plusieurs maladies rhumatismales et respiratoires du fait des conditions de vie lamentables qui y prévalent.

En tout cas, les 47 familles croupissant dans ce camp colonial dégradé sont unanimes à dire qu’elles ont été oubliées par les autorités. Et pourtant, lance l’un des habitants, ce ne sont pas les logements qui manquent. D’après lui, 200 logements sociaux locatifs sont vides, au niveau du site des 600 Logements, au lieudit El Hamri.

Z Youcef