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Tizi-Ouzou - Chantier de la pénétrante vers l'autoroute Est-Ouest

4e semaine de grève !

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Les travailleurs du groupe algéro-turc ONE (Ozgun – Nurol – Engeoa), chargé de la réalisation de la pénétrante autoroutière reliant la wilaya de Tizi-Ouzou à celle de Bouira, ont entamé, hier, leur quatrième semaine de grève. Encore une fois, selon une source proche des grévistes, vingt autres travailleurs ont été convoqués à comparaître devant les juges. «Demain dimanche (ndlr, aujourd’hui), dix ouvriers comparaîtront devant tribunal de Draâ El-Mizan et dix autres, travaillant dans les chantiers d’Aomar (Bouira), se présenteront au tribunal de Lakhdaria», a confié l’un des ouvriers. «Ils veulent nous intimider et nous faire peur.

Mais, au contraire, nous sommes plus déterminés que jamais. A partir de lundi (ndlr, demain), nous fermerons la base de vie turque sise sur la RN25, à Draâ El-Mizan. Nous empêcheront même les Turcs à pied d’œuvre sur les chantiers de travailler», prévient la même personne. Pour les travailleurs grévistes contactés, il n’est pas question de reprendre le travail si leur plate-forme de revendications n’est pas entièrement satisfaite. «Ce n’est pas après vingt-deux jours de grève que nous allons abdiquer. Ils se trompent.

Nous avons nos droits et nous n’allons pas nous laisser faire. Nous insistons surtout sur le préavis de trois mois avant chaque licenciement ou chaque fin de contrat avec un salaire de trois mois pour chaque année de travail. Pour les autres points, nous pouvons poursuivre les discussions avec les responsables. Nous exigeons aussi que toute revendication arrachée soit portée sur un document écrit et remis à l’inspecteur du travail», a expliqué un autre gréviste.

Avec ce mouvement, qui va vers un mois entier de grève, il y a fort à parier que les délais de livraison du projet, prévue pour 2020, seront dépassés. Ceci d’autant plus que le groupe ONE rencontre d’autres entraves, outre la grève, comme les oppositions, à l’exemple de celle des habitants de Maâmar, qui dure depuis 2016, au sujet d’un viaduc dans leur village. Il y a aussi le cas des seize habitations qui devraient être démolies à Ouled Aïssa et dont les occupants n’ont pas encore été relogés. A rappeler que le délai initial de l’achèvement des travaux était fixé à mai 2017.

C’est dire que cette autoroute ne sera pas opérationnelle de sitôt, sachant, en sus, que le projet nécessiterait d’autres rallonges financières. Le taux des travaux de ce tronçon de 45 kilomètres, avec tout de ce qu’il comprend comme ouvrages d’art (tunnels, échangeurs, viaducs…), n’a même pas atteint les 50%. Seule la section de route allant d’Oued Falli (Tizi-Ouzou) au lieu-dit «La casse» a été partiellement ouverte aux automobilistes.

Amar Ouramdane