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Manifestations contre le système

56ème vendredi de marches

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Pour le 56e vendredi de suite, des milliers de citoyens ont investi, hier, les rues de la Kabylie, pour réclamer le changement du système. À Tizi Ouzou, la mobilisation citoyenne n’a pas faibli, en dépit des risques de propagation de l’épidémie du coronavirus, puisque dès le début de l’après-midi, les manifestants, venus des quatre coins de la wilaya, se sont dirigés vers le traditionnel point de départ des marches hebdomadaires devant le portail principal de l’Université Mouloud Mammeri, Hasnaoua. Munis de banderoles portant des slogans pour l’instauration de la démocratie, la liberté, la justice et le respect des droits de l’homme, des milliers de jeunes, vieux, hommes, femmes et enfants ont emprunté, dans une ambiance colorée et festive, le traditionnel itinéraire menant vers la place de la Bougie à la sortie Ouest de la ville.

Une marche qui s’est déroulée dans le calme du début jusqu’à la fin, comme c’est d’ailleurs le cas depuis le début de la révolte populaire il y a plus d’une année. Sans masques, ni gestes-barrières contre le coronavirus Covid-19, des milliers de Bejaouis ont marché, hier, contre le système. Pour un 56e vendredi de suite, la foule a réitéré, à haute voix, ses exigences. Ni le Covid-19, ni la chaleur étouffante n’ont dissuadé des milliers de manifestants, des deux sexes et de tous les âges, de sillonner les principales artères de la ville de Yemma Gouraya, pour réclamer, encore une fois, une transition démocratique pour en finir avec un système finissant. « Le système est le virus le plus dangereux pour l’Algérie, le remède : une transition démocratique», lisait-on sur un écriteau brandi par un manifestant.

Entamant leur marche depuis la maison de la culture, les marcheurs ont scandé leurs slogans habituels, appelant à un changement effectif du système et au départ de tous ses symboles. Et comme chaque vendredi, la foule, brandissant les portraits de quelques-uns d’entre eux, a exigé la libération sans condition de tous les détenus d’opinion et politiques. Même de moindre importance sur le plan numérique par rapport aux précédents vendredis, les irréductibles du mouvement populaire ne comptent ainsi pas baisser les bras. «Endurance», pouvait-on lire sur une banderole déployée par des architectes. Apr ès avoir sillonné les principales ruelles de la ville de Béjaïa, les manifestants se sont dispersés dans la calme. Une autre manifestation a eu lieu, le même jour, dans les rues de la ville d’Akbou.

La veille, le collectif des enseignants et ATS de l’université de Béjaia avait organisé une rencontre publique autour du thème «Quel rôle des cafés littéraires dans la révolution en marche ?», avec la participation des cafés littéraires qui activent un peu partout dans la wilaya de Béjaïa, et ce au niveau de l’esplanade de la maison de la culture Taos Amrouche. Au moins dix représentants de cafés littéraires, Bejaia, Tichy, Aokas, Melbou, Bordj-Mira, Amizour, Sidi-Aïch, Chemini, Amalou et Timezrit, ont prit part à cette conférence pour faire part de leur expérience sur le terrain par la création de ces cafés littéraires qui se veulent, a-ton insisté, «des espaces d’échanges et de débats d’idées et d’engagement dans la révolution en marche».

À Bouira, malgré la chaleur et les craintes que fait peser l’épidémie du coronavirus, des milliers de citoyens, venus des quatre coins de la wilaya, ont investi la rue pour réitérer leur appel «à un changement du système politique». Comme chaque vendredi, les dizaines de manifestants, regroupés au niveau de la place des martyrs, ont été rejoints peu après 13h30 par des centaines de citoyens pour sillonner ensemble les principales artères du chef-lieu de wilaya, en scandant des slogans hostiles au système en place : «Qolna Issaba trouh, yahna yantouma» (nous avons dit que la bande doit partir, ce sera nous ou vous) ont scandé les marcheurs. Ces derniers ont aussi réitéré leur exigence de l’instauration d’une période de transition et de l’édification d’un État civil et démocratique consacrant la justice sociale, l’indépendance de la justice, la liberté de la presse et les libertés individuelles.

«siada chaabia marhala intikalia» (souveraineté populaire période de transition) ; «sahafa houra adala moustakila» (presse libre et justice indépendante) ; « salimou esolta li chaab» (remettez le pouvoir au peuple !), «dawla madania machi askaria» (état civil et non militaire)… sont les quelques chants entonnés par les marcheurs tout au long de leur itinéraire. La marche d’hier était aussi une occasion pour les manifestants de réclamer la libération des détenus politiques et l’arrêt des poursuites judicaires à l’encontre des militants du Hirak. «Libérez les otages !» a été repris en chœur par des milliers de marcheurs. Des marcheurs qui ont tenu à réitérer leur détermination à poursuivre la lutte et dans toutes les circonstances, et ce jusqu’au départ du système en place et l’instauration d’une deuxième République. «Corona ou pas, nous sommes décidés à poursuivre les marches jusqu’à la chute de ce régime», a commenté un citoyen. La marche s’est poursuivie jusque vers 15h et les manifestants se sont dispersés dans le clame.
Ali. C / F. A. B. et Djamel M