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Réaction positive de la Fondation du 8-Mai 1945

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A l’occasion du séminaire international qu’elle a organisé à ce sujet, en présence d’historiens, juristes, autres spécialistes… les travaux ont porté quasi exclusivement sur les massacres du 8-Mai 1945 (d’où, l’appellation de notre Fondation).Sans trop s’empêtrer dans une compatibilité macabre pour déterminer le nombre de martyrs (les chiffres avancés par les différentes sources, quel que soit celui retenu, sont suffisamment élevés), les séminaristes, dont d’éminents experts en droit, Algériens ou étrangers, ont conclu unanimement que les tueries collectives perpétrées alors relèvent du crime contre l’humanité. Et d’ajouter que, pour honorer la mémoire des victimes, des actions en justice devraient être engagées à l’encontre de leurs auteurs, partant de la considération que le crime contre l’humanité est réputé imprescriptible. Cette “intrusion”, dans la réflexion et l’étude de ces massacres, avec une approche tout à fait inédite jusque-là, a suscité de nombreuses réactions en France, notamment par l’interpellation de l’Assemblée nationale où en réponse, il a été recommandé de … “faire preuve de prudence, de patience et de sérénité”. Quinze jours après le geste et la déclaration de Hubert Colin de Verdière, ambassadeur de France à Alger, lors de son voyage à Sétif, constituent pour notre fondation un début de reconnaissance du bien fondé de sa revendication. Elle en prend acte. Mais avec l’espoir mesuré et la détermination nécessaire d’aboutir à ce que l’Etat français assume totalement ses responsabilités dans “cette tragédie inexcusable”. Loin de la Fondation du 8-Mai 1945, la tentation d’agir dans un esprit vindicatif ou revanchard.Cependant, il importe beaucoup pour le peuple algérien que la France officielle se décide enfin à reconnaître son implication dans les actes monstrueux et inhumains commis en son nom de 1830 à 1962 “ Alors que les Algériens avaient donné leur vie pour la liberté et combattu aux côtés de la France…” et pour la France. Qui se souvient de leurs actes de bravoure, pour la France dans :- La guerre de Crimée en 1845- La guerre d’Italie et 1859 avec, en particulier la contribution des zouaves aux victoires de Montebello, Turbigo, Solferino…- La guerre contre la presse- La guerre de 1914-18Et bien entendu la guerre de 1939-45 A l’occasion de la commémoration du 60e anniversaire de la défaite du nazisme, les Français se remémoreront-ils que les Algériens ont doublement payé”, d’abord pour contribuer efficacement au recouvrement de leur liberté (celle des Français) et ensuite pour revendiquer la leur, croyant en la promesse des Alliés. Douloureuse récompense pour eux. Ils se retrouveront davantage et terriblement plongés dans leur deuil, déjà immense, avec 45 000 autres nouveaux martyrs. Il leur faudra encore plusieurs années de préparation et plus de sept années de guerre pour qu’ils arrachent enfin leur droit de disposer d’eux-mêmes.En 1995, à l’occasion du 50e anniversaire du 8-Mai de la Victoire, le président Chirac a reconnu solennellement et publiquement la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des juifs au camp d’Auschwitz et autres. Ce geste, que nous saluons, nous, Algériens et ex-sujets français, nous laisse dans un sentiment de frustration et d’amertume. Etait attendu et souhaité un autre geste, avec la même compassion, le même acte de contrition qui aurait exprimé le regret et le pardon à l’égard du peuple algérien, dont la mémoire collective conserve à jamais les 45 000 martyrs du 8-Mai 1945, victimes innocentes de la bêtise et de l’ambition d’hommes aux visées racistes et coloniales affichées. Ces 45 000 martyrs resteront le symbole et le rappel d’un parjure. A qui incombe-t-il de le laver ? Ainsi les peuples français et algériens, dans un même élan de solidarité, de convenance et de compréhension pourront “forger” un avenir commun dans le respect mutuel et la sérénité nécessaire, sans oublier le passé, car “un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir”. Puisse 2005, l’année de la signature du Traité d’amitié entre nos deux peuples, être l’opportunité pour instaurer des liens futurs indestructibles et jeter les bases d’un avenir plus prometteur ?Verrons-nous enfin les présidents Bouteflika et Chirac se recueillir, main dans la main devant la tombe du chahid Larbi Ben M’hidi, assassiné sous la torture, à l’image du président Charles de Gaulle et du Chancelier Adenauer devant celle du résistant Jean Moulin ? Ce sera la meilleure occurrence pour que l’Algérie, “meurtrie, mais libérée”, plus vivante que jamais, reçoive enfin l’expression de reconnaissance et la demande de pardon de l’Etat français.

Fondation du 8-Mai 1945