« Il est urgent de changer les lois »

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L’avocate Ben Braham a qualifié les lois relatives aux enfants nés sous X d’injustes envers eux et leurs mamans et appelle à déploy des instruments juridiques pour les protéger davantage, lors d’une conférence animée hier au cercle de presse d’El Moudjahid.

Celle-ci a affirmé qu’il est urgent de changer quelques articles dans le code pénale pour régler carrément le problème de filiation, en insistant sur l’obligation de réviser l’article 40 qui stipule que le juge peut recourir à des tests scientifiques pour reconnaitre la filiation des enfants sous X « il faut changer cette loi immédiatement parce que le juge doit recourir à des preuves scientifiques alors j’appelle à replacer le verbe « peut » par « doit » a-t-elle dit.

Estimant que les femmes qui sont souvent contraintes à avoir un enfant sous X puisqu’elles sont elles mêmes victimes de viol ou de séduction; ces femmes rencontrent encore beaucoup de difficultés pour élever leurs enfants dans une société conservatrice qui ne pardonne pas ce genre d’écart, et d’interdit mais dont le coran préserve le droit de la filiation « les textes du saint coran protégent les enfants nés sous X en leur préservant le droit de la filiation et leur donnant même un tiers de l’héritage » a- t-elle souligné en ajoutant « je ne comprends pas comment une société musulmane néglige les versets coraniques ». Dans le même sillage, l’oratrice à rapproché aux hommes religieux de ne pas évoquer ce genre de problèmes dans les mosquées « que font les hommes religieux ? » s’interroge-t-elle.

De ce fait, Me Ben Braham a proposé d’introduire un article dans le code pénal qui permet à la maman à la fin de son accouchement de remplir afin d’identifier le père de son enfant et le faire venir par le juge pour passer un test ADN afin de reconnaître la filiation. Ajoutant que l’Etat doit prendre des dispositifs pour protéger ces enfants qui font objet de vente

L’avocate a tenu à préciser que les enfants nés sous X sont illégitimes seulement par rapport à la loi qui cadre la relation entre la femme et l’homme «je pense qu’on commet une grande erreur à l’égard de ces enfants on les qualifiant d’illégitimes car ils sont naturels et légitimes devant Dieu » a-t-elle indiquéen souhaitant trouver un autre vocable.

Dans le même contexte, Mohamed-Chérif Zerguine qui est un enfant né sous X et l’auteur du livre « Nés sous X dans le monde arabo-musulman » a précisé que ce n’est pas l’enfant qui est illégitime mais c’est plutôt l’acte qui est illégitime. Ajoutant que les trois religions n’ont jamais qualifié ces enfants d’illégitimes.

Samira Saïdj

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