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Radio Soummam

La Dépêche de Kabylie ? Pfft !

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La Dépêche de Kabylie demeure depuis plusieurs mois indésirable chez Radio Soummam. Le quotidien régional est exclu de toute évocation lors notamment des deux revues de presse matinales, tant en Kabyle qu’en arabe, diffusées par cette station FM émettant depuis Béjaia.
«Ne ramenez plus cette saleté ! », avait ordonné aux appariteurs, le directeur de cette station à la fin d’un briefing auquel ont assisté plusieurs journalistes de la radio. Non content de cet oukase, Ahmed Belaidi – ce sont son prénom et nom- ira jusqu’à suggérer aux journalistes récalcitrants de ne pas travailler sur la base de la version Web du journal. Un élément syndical nous confirmait, pas plus tard qu’hier, que le directeur de la Radio, a bel et bien, ordonné de zapper La Dépêche de Kabylie ainsi qu’un autre quotidien d’informations générales de la revue de presse quotidienne. Les discours d’ouverture se succèdent, les tyrans arabes chutent les uns après les autres, les haraga continuent de se faire bouffer par les requins mais Ahmed Belaidi demeure toujours encroûté dans son arabisme régressif et mortifère. La Dépêche de Kabylie paie le prix de sa solidarité au demeurant toute professionnelle, avec des animateurs exclus de la station pour n’avoir pas satisfaits aux lubies anti-Kabyles de ce dirlo suranné et masochiste dont la seule contribution au journalisme radiophonique reste la remise aux goûts du jour d’inutiles affrontements linguistiques sur lesquels l’Algérie pensait avoir tiré un trait depuis bien longtemps. En poste une première fois en 1996, il a déjà conduit la radio droit dans le mur par des relations exécrables avec les journalistes et une agression éhontée des attentes des auditeurs, des auditeurs qui riposteront par l’incendie d’un VTR et la mise à sac des locaux de la radio. Exilé dans une radio de l’intérieur du pays, Néron ne fera, naturellement, pas preuve d’un meilleur génie pour finir par une petite traversée du désert de laquelle, malheureusement, il n’a tiré aucune sagesse. Grâce à un grappillage subtile dans les râteliers du FLN et du RND, Ahmed Belaidi finit par revenir en grâce chez les décideurs de la radio qui le re-nommeront directeur de Radio Soummam en 2009, envers et contre les aspirations du collectif de journalistes qui continuent de noyer de leurs courriers protestataires la boite aux lettres du patron de l’entreprise nationale de radiodiffusion sonore (ENRS), Toufik Khelladi. Ahmed Belaidi a, bien sûr, beau jeu de jouer piteusement le «Kabyle apaisé» agressé dans son algérianité par les berbéristes, les laïco- assimilationnistes, les séparatistes, et qu’en sait-on encore !? Et roule Raoul !

Mohamed Bessa