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APN - Pressé de toutes parts de renoncer à la présidence de l’assemblée

Bouchareb fait de la résistance

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Disqualifié par le mouvement populaire, qui réclame son départ, Mouad Bouchareb, qui fait partie du lot des «B» rejetés par la rue, n’est même plus en odeur de sainteté au sein même de sa famille politique. éjecté du poste de coordinateur de l’instance dirigeante du parti depuis l’élection d’un nouveau secrétaire général, voilà que les députés réclament maintenant sa destitution de la présidence de l’APN. Le revirement de position des députés FLN n’étonne du reste pas les observateurs.

Cela dit, il va sans dire que les jours de Bouchareb, en tant que président de l’Assemblée populaire nationale, sont comptés. Bouchareb, acculé par la rue qui réclame son départ depuis le 22 février, est plus contrarié que jamais avec cette nouvelle donne. Il avait pris les rênes de la Chambre basse de l’APN, pour rappel, suite à un coup de force opéré contre l’ex-président, Saïd Bouhedja, avec «l’épisode du cadenas» dont se souviendront longtemps les Algériens. Dans un premier temps, les députés FLN lui (Bouchareb ndlr) manifesté leur rejet et une invitation aux airs d’une sommation à quitter la présidence de l’APN, comme ils l’avaient fait précédemment avec Bouhadja.

En effet, dans une missive adressée à Bouchareb, les responsables des commissions et les vice-présidents FLN à l’APN ont d’abord fait part d’une réunion «cordiale» avec lui. Lors de cette rencontre, toujours d’après cette missive, Bouchareb a montré de la compréhension vis-à-vis des revendications du mouvement populaire. Il a alors été convenu de son retrait. La promesse non tenue du président de l’APN a poussé ses pairs à le boycotter, lors de la dernière session dédiée à la commémoration des événements du 8 Mai 1945.

Il est évident que le geste des députés a été dicté, en partie, par la revendication populaire mais aussi par cette nouvelle entreprise à se débarrasser des hommes de l’ancien président sans qui il n’aurait jamais accédé à ce poste de président de la deuxième chambre. Il y a sans doute aussi de la ruse pour tenter de fuir la pression de ces voix qui réclament la mise au musée du sigle FLN. Pour les observateurs, les luttes intestines que connaît le parti ne peuvent être dissociées du paysage politique national. Ainsi, les déclarations de Djamai nouveau secrétaire général du parti (décrié aussi du reste) à la veille de son élection, en disent long. Le SG du FLN s’est, en effet, violemment attaqué au frère de l’ex-président Bouteflika.

«Saïd Bouteflika a été le pilier des forces extraconstitutionnelles dont les militants et cadres FLN ainsi que les institutions de l’Etat ont été les victimes» avait-il déclaré. Il est clair, cependant, que l’actuelle direction du FLN veut marquer sa rupture avec l’ère Bouteflika. Se débarrasser de Bouchareb est d’ailleurs une étape inévitable dans ce processus, voire indispensable, vu qu’il était pour un cinquième mandat, idée qu’il défendait avec ferveur, quoique l’actuelle SG du FLN, il n’y a pas si longtemps, soutenait, lui aussi, Bouteflika vaille que vaille. «Il n’y a pas encore en Algérie une personne capable de concurrencer Abdelaziz Bouteflika pour le poste de président de la République», disait-il, avant de changer de position, comme on claque du doigt.

Néanmoins, quelles qu’en soient les raisons, le départ de Bouchareb s’inscrira dans le cadre de la satisfaction d’une revendication populaire. Une revendication que le peuple ne cesse de réclamer depuis le début de la mobilisation. Preuve en est, son nom est encore revenu ce vendredi aux côtés de ceux de Bedoui et Bensalah.

Kamela Haddoum