Accueil National Deuxième nuit de ...

Boumerdès

Deuxième nuit de protestation à Naciria

108

Pour la deuxième nuit consécutive, les habitants de Naciria (Laaziv), à l’est de Boumerdès, ont marché pour réclamer la libération des manifestants arrêtés le vendredi à Alger, dont l’un des fils de la région, Billel Bacha.

Un vaste élan de solidarité s’est formé depuis vendredi dernier où les villageois et les habitants de la région ainsi que d’autres ont participé massivement pour dire haut et fort non à l’instrumentalisation identitaire.

Sur une grande banderole, les manifestants ont écrit «Libérez tous les détenus d’opinion, ou arrêtez-nous tous». La marche s’est ébranlée vers 19h30 après le rassemblement de la foule au lieu-dit marché. La procession humaine a sillonné les rues principales de la ville et plusieurs haltes ont été observées notamment au siège du commissariat et de daïra où les manifestants ont scandé des slogans hostiles au pouvoir en place et exigé la libération de tous les détenus politiques.

«Qu’ils appliquent sur nous tous l’article 79 du code pénale portant atteinte à l’intégrité territoriale», lance Farid, un jeune étudiant, en direction des autorités de l’heure. «Car c’est tout le monde qui porte le drapeau berbère et ce ne sont pas uniquement ces 18 jeunes venus manifester contre un système qui a spolié la liberté et qui sème la division au sein d’un seul peuple», a-t-il ajouté.

Et un autre de poursuivre : «Les tenants du pouvoir en place veulent transformer le pays en une grand prison pour diviser le mouvement populaire qui rejette ce pouvoir mafieux qui ne recule devant rien pour se maintenir». Un collectif d’avocats qui s’est constitué pour défendre les jeunes manifestants aurait fait, lundi, appel de cette décision du juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed à Alger.

Dans l’après-midi de lundi dernier, un groupe d’étudiants de l’université de Boumerdès a observé un sit-in pour soutenir les détenus d’opinions et réclamé par la même leur libération immédiate avant de dénoncer les pratiques d’un pouvoir totalitaire. Les comités de villages de Naciria ont signé une déclaration dans laquelle ils réitèrent leur soutien aux détenus et à la famille Bacha et exigent leur libération immédiate.

La marche était pacifique et aucun incident n’est enregistré, les encadreurs ont veillé à ce qu’il n’y ait pas eu de dépassements.
Youcef Z.