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BéJAïA - service à l’arrêt, route bloquée...

Grogne dans le transport

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Les transporteurs urbains qui desservent depuis Sidi-Ahmed les lignes de la polyclinique, d’Ighil Ouazzoug, de l’Université, de la Porte Sarrasine et du centre-ville de Béjaïa ont observé une grève hier matin.

Ils ont crié haut et fort leur indignation aux services de la voirie de l’APC de Béjaïa, qui n’ont pas tenu leurs promesses faites depuis plusieurs mois ayant trait, notamment, à la réfection de la route qui mène au quartier Sidi-Ahmed. Cette route, selon les grévistes, est si défectueuse qu’elle leur occasionne d’énormes désagréments. Abrupte, à la lisière du mont Gouraya, cette route qui monte est semée de trous et de bosses qui doivent être comblés ou nivelés dans les virages. Mais c’est surtout au niveau du terminus que la situation empire, là où les bus font demi-tour et marquent un arrêt important avant de redémarrer.

Dans cette petite placette, il est impossible pour n’importe quel véhicule et à plus forte raison pour un bus d’éviter un trou sans tomber dans un autre encore plus profond. Dans cette placette, qui sert aussi de décharge publique pour les riverains, il y a des trous de différentes dimensions d’où se dégagent des tonnes de poussière, en été, et qui se remplissent d’eau boueuse, en hiver.

Le secrétaire général du Syndicat des transports urbains, M. Redha Boudraa, souligne dans ce sens : «Notre syndicat a déjà annulé deux préavis de grève pour ne pas trop nuire aux usagers des transports publics mais cette fois-ci, nous sommes obligés de le maintenir au moins pour la localité Sidi-Ahmed, où c’est vraiment intenable.» Un service minimum est assuré pour ne pas trop pénaliser les usagers.

Selon M. Boudraa, cela fait 08 mois que les transporteurs demandent aux autorités locales et aux services de l’APC de procéder à la réfection de la route de Sidi-Ahmed. Un PV de réunion a même été établi. Une autre réunion s’est tenue avec le chef de daïra, en présence du directeur technique de l’APC.

Des engagements fermes avaient également été pris pour remédier à la situation mais à ce jour, rien n’a été fait. Peu avant midi, les autorités locales s’étaient engagées à prendre en charge les revendications des transporteurs. Des engagements suivis d’une intervention sur le terrain en engageant, hier, une entreprise pour réparer la chaussée. Les transporteurs grévistes ont, quant à eux, aussitôt repris le travail et libéré la route qui mène à Sidi-Ahmed.

Le transport également paralysé à Barbacha et Kendira

Le transport au niveau de Barbacha et Kendira a été paralysé, hier, par la grève des transporteurs ruraux desservant ces deux communes vers le chef-lieu de la daïra de Barbacha. Il a également été procédé à la fermeture du siège de l’APC. La cause de ce débrayage, selon le représentant des transporteurs, est «le non-respect des closes retenues, lors des réunions avec les parties concernées», ayant trait à l’organisation des points d’arrêt sur les itinéraires empruntés à la fois par ces bus et par les grands bus de transport inter-wilayas venant des communes relevant de la wilaya de Sétif.

«Nous ne demandons que l’application du contenu du PV de réunion du 31 janvier et aussi de la décision n° 37 du 20 février 2019 du P/APC de Barbacha, relative à la fixation des points d’arrêt des bus sur le territoire de cette commune, qui est restée un semblant de papier», indique Belkhiri Fayçal du Comité des transporteurs ruraux de Barbacha.

Effectivement, selon les documents que nous détenons, des mesures et décisions ont été prises par les Directions des transports des wilayas de Sétif et Béjaïa, en présence des autorités locales et des transporteurs concernés. Mais à en croire ces derniers, chacun des responsables, notamment ceux de l’APC, de la daïra et de la Gendarmerie de Barbacha, ont été interpellés à plusieurs reprises sur le non-respect de ces closes par les transporteurs inter-wilayas, en vain.

«Chacun des responsables renvoie la balle à l’autre pour laisser les choses empirer davantage et envenimer la situation», ajoute notre interlocuteur. A vrai dire, ce secteur, qu’il soit rural ou inter-wilayas, connaît une anarchie totale sur tous les plans, ajoutée au manque de gare routière dans cette daïra, aux mauvais endroits fixés pour les arrêts de bus et au manque de respect de leurs propres décisions. Les responsables de cette région vont de ce fait accélérer la mort certaine d’un secteur aussi sensible que celui des transports et dont les victimes sont les villageois qui n’ont pas d’autres moyens pour se déplacer que ces petits bus.
B Mouhoub et Nadir Touati.