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STAOUELI - Saisie de fonds suspects et de bijoux à Moretti

Hamel, Zaâlane et El Ghazi cités

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Une importante somme d’argent en monnaies nationale et étrangères, ainsi que 17 kg de bijoux ont été saisis, ces derniers jours, dans un
appartement à Moretti, à l’Ouest d’Alger.

Cette affaire a mené le parquet de Chéraga à ouvrir une enquête qui a débouché, jusque-là, à la mise en détention provisoire de l’ancien Directeur général de la Sûreté nationale, Abdelghani Hamel, sur ordre du procureur près du même tribunal.

Celui-ci a, par ailleurs, dans le cadre de cette même affaire, transmis le dossier de deux anciens ministres au procureur général près la Cour de Tipasa. C’est ce qu’a indiqué, avant-hier soir, un communiqué du procureur de la République près le tribunal de Chéraga, retransmis par l’APS.

«En application des dispositions de l’article 11 du Code de procédure pénale, modifié et complété, le parquet de la République près le tribunal de Chéraga informe l’opinion publique que suite à des informations parvenues à la Police judiciaire sur l’existence d’une somme d’argent de source suspecte à l’intérieur d’un logement, sis à Moretti, Staouéli (Alger), une demande de mandat de perquisition du logement en question a été formulée», lit-on dans le communiqué.

Suite à quoi, poursuit le communiqué, «un montant de 113 439 200 DA, une somme de 270 000 euros, une autre somme de 30 000 UDS, ainsi que près de 17 kg de bijoux» ont été saisis à l’intérieur de cet appartement. Selon l’APS, les investigations préliminaires, entamées sous la supervision du parquet de la République, ont permis d’identifier des personnes ayant commis des faits punis par la loi, a ajouté la même source, précisant qu’il s’agit de «l’exploitation par certaines parties de l’influence des cadres de l’État en vue d’obtenir d’indues sommes d’argent, en contrepartie de services rendus par ces fonctionnaires et cadres qui émettaient des décisions profitant à ces parties».

Dix (10) personnes, en plus de l’ancien DGSN, ont été présentées, avant-hier, au parquet de Chéraga, lequel a ordonné l’ouverture d’une enquête à leur encontre. «Après parachèvement des procédures de l’enquête préliminaire, ces parties ont été présentées, dimanche, devant le procureur de la République près le tribunal de Chéraga, lequel, après examen du procès-verbal de l’enquête préliminaire et de l’audition des parties comparantes, a instruit une enquête à l’encontre des dénommés N.Z.CH., ses filles (B.I. et B.F.), les dénommés répondant, respectivement, aux initiales B.A., B.M., GH.CH., B.M., Q.K., S.M. et B.B., ainsi qu’Abdelghani Hamel, ancien Directeur général de la Sûreté nationale», indique également le communiqué. Et de souligner que «ces personnes devront répondre des chefs d’accusation de « violation de la réglementation et du règlement relatifs au change et au mouvement des capitaux de et vers l’étranger », « blanchiment d’argent dans le cadre d’un groupe criminel organisé », « abus de fonction » et « trafic d’influence »».

Le juge d’instruction près le même tribunal a ordonné la mise en détention provisoire de tous les accusés à la maison d’arrêt de Koléa dans la wilaya de Tipasa. Quant aux deux anciens ministres Abdelghani Zaalane et Mohamed El-Ghazi, ils devront répondre à la convocation du parquet général près la Cour de Tipasa, qui a pris en charge leur dossier, suivant les procédures de privilège de juridiction. «Le dossier des procédures des deux anciens hauts cadres Abdelghani Zaalane et Mohamed El Ghazi a été transmis au procureur général près la Cour de Tipasa dans le cadre des procédures de privilèges de juridiction, en application des dispositions de l’article 573 du Code de procédure pénale», souligne le même communiqué.

À noter que le fils de l’ancien ministre du Travail, Mohamed El-Ghazi, a été mis, durant la même soirée, en détention provisoire. L’ancien ministre des Transports, Abdelghani Zaalane, soumis déjà au contrôle judiciaire dans une affaire liée au dossier Ali Haddad, a subi la même contrainte judiciaire dans une autre affaire pour laquelle, il avait été auditionné, la veille, par un juge d’instruction près la Cour suprême.

Toujours dans le cadre de cette affaire d’argent et de bijoux de Moretti, «une copie du dossier du suspect Talbi Ali, membre du Conseil de la nation, jouissant de l’immunité parlementaire, a été transmis au Procureur général près la cour de Tipasa, en vue de prendre les mesures appropriées», précise, par ailleurs, le communiqué du parquet de Chéraga.
M. A. T.