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Béjaïa

La démonstration toujours au rendez-vous

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A quelques jours de l’élection présidentielle, la rue gronde toujours à Béjaïa. Pour un 42e vendredi de marches contre le système, les rues du chef-lieu de wilaya de Béjaïa étaient, hier, noires de monde. Des milliers, voire des dizaines de milliers, de manifestants ont battu le pavé dans un défilé impressionnant. Contrairement aux précédentes marches, celle d’hier a été plus bruyante. La foule, ou les foules, car le cortège était scindé en plusieurs carrés, a innové en termes de slogans anti-pouvoir. Sur des pancartes aussi.

Haussant le ton, les manifestants semblaient «résolus» à faire avorter le scrutin présidentiel du 12 décembre. Voulant accentuer la pression sur les tenants du pouvoir, les marcheurs ont repris, à tue-tête, le nouveau slogan : «8. 9. 10. 11 grève générale», en plus des incontournables «Pouvoir assassin» et «État civile et non militaire». En pancartes ou de vives voix, les Béjaouis ont également exigé la libération de tous les détenus d’opinion, notamment ceux emprisonnés pour port de l’emblème amazigh.

Une escouade de photographes amateurs, juchés sur le toit du nouveau siège de l’APW de Béjaïa, immortalisait cette mobilisation des grands jours. Arrivés au carrefour Matoub Lounès, les marcheurs ont marqué une halte, les yeux rivés sur deux hélicoptères qui tournoyaient dans le ciel, en scandant «Mazalagh d’Imazighen». Et la foule s’élança de nouveau vers le boulevard Amirouche, sous les cris «Amirouche nous te jurons de libérer l’Algérie des griffes de la bande». La marche organisée, hier, dans les rues de Béjaïa ville restera, à coup sûr, dans les annales.

La veille, soit dans la matinée de jeudi, faut-il le signaler, les avocats de toutes les juridictions de la wilaya de Béjaïa ont marché dans les rues du chef-lieu. Ils ont, par leur action, réitéré leur «attachement à une période de transition courte avec des mécanismes de gouvernance consensuel». Le barreau de Bejaia a estimé, dans un communiqué publié la semaine passée, que la crise politique que vit le pays ne peut être «résolue par un passage en force et des élections imposées contre la volonté du peuple». Pour un changement radical du système et le départ de toutes ses figures, une autre marche, de moindre importance sur le plan numérique, a été organisée dans les rues de la ville d’Akbou.

F. A. B.