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BOUIRA - Au 17e jour des recherches du corps du pompier disparu

La détresse de la mère

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C’est un véritable cri de douleur que vient de lancer la mère du jeune Mohamed Achour, pompier emporté par les eaux le 24 janvier dernier alors qu’il se trouvait en pleine intervention au niveau du quartier des 250 logements.

Cette femme éplorée supplie toutes les âmes charitables de redoubler d’efforts et surtout exige des plus hautes autorités de pays de fournir les moyens pour retrouver son fils. «Je m’adresse au président de la République pour qu’il instruise les différents services afin de tout mettre en œuvre et d’employer les grands moyens pour retrouver mon fils (…) Je veux faire mon deuil et aller me recueillir sur sa tombe.

Je ne vais pas sillonner l’oued pour le pleurer», s’adressait-elle en larmes avant-hier soir devant les caméras de TV. Pour son père et son frère, le même message est adressé aux autorités ainsi qu’aux bénévoles qu’ils n’ont pas manqué de remercier au passage pour leurs contributions dans cette gigantesque opération de recherche menée depuis 17 jours. Une mobilisation sans précédant qui, de mémoire de bouiri, n’a jamais été égalée en intensité.

Il faut dire que ces recherches ont été concentrées dans un premier temps au niveau des canalisations des eaux pluviales et des égouts de la ville de Bouira. Un travail de longue haleine qui aura mobilisé des centaines d’agents de la Protection civile les premières 48 heures, avant de décider de sonder les ovoïdes et les canalisations au niveau du déversoir principal de l’oued D’hous et d’entamer les recherches sur les berges de ce dernier.

Des pelles excavatrices mécaniques ont creusé durant plusieurs jours alors qu’en parallèle des volontaires et des brigades cynotechniques en compagnie de plongeurs ont mené les investigations sur l’oued jusqu’au barrage de Tilesdit.

Une semaine après, le barrage et l’oued Sahel ont été également la cible des chercheurs qui ont ratissé de plus belle près de 40 kilomètres des deux rives de l’oued qui se jette dans l’oued Soummam avant de rejoindre la Méditerranée. Le poste fixe de commandement (PCF) installé au niveau de la direction générale de la Protection civile de Bouira est d’ailleurs sous la supervision directe du directeur général de la Protection civile, le colonel Boualem Boughlef.

Ce dernier envisage toutes les possibilités dans la recherche du corps de leur agent et assure, une fois de plus, que tous les moyens sont mis en œuvre pour le retrouver. De ce fait, l’ensemble des citoyens, assistant au quotidien les agents de la Protection civile aussi bien en sillonnant et quadrillant les berges de l’oued que ceux qui sont sans cesse mobilisés dans un élan de solidarité pour apporter vivres et boissons chaudes aux bénévoles et aux pompiers, ne perdent pas espoir.

Au cours du week-end dernier, les recherches se sont poursuivies et la mobilisation n’avait pas faibli en augmentant d’heure en heure de Bouira jusqu’aux confins de la commune de Chorfa en passant par Raffour. Les bénévoles de ce village accompagnés des membres du mouvement associatif, des scouts et des membres du Croissant rouge algérien se sont constitués en brigades et se sont rendus jusqu’à la commune voisine de Tazmalt en passant par Ichikar, où les citoyens de la localité leurs ont apporté de l’aide en fouillant systématiquement les broussailles de roseaux qui parsèment l’oued.

Partout ailleurs, des deux côtés de l’oued, un important dispositif de sécurité a été déployé, notamment avec la présence des équipes de plongeurs en immersion pour inspecter et sonder les différents trous d’eau envasés. D’autres pompiers étaient affairés à débroussailler les arbres morts entravant les berges de l’oued pour avoir un accès plus pratiques pendant que leurs collègues, munis de pelles, creusaient et retournaient la vase.

Il faut dire que les conditions météorologiques plutôt clémentes ces derniers jours ont permis un large ratissage des zones ciblées, mais à l’heure actuelle, toujours aucun signe du corps du jeune Mohamed Achour.

Hafidh Bessaoudi