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MOHAMED SAMI AGLI, président du FCE

«La machine économique tourne au ralenti»

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Selon le président du Forum des chefs d’entreprise (FCE), Mohamed Sami Agli, la situation économique du pays est «inquiétante». Dans ce sens, il indiquait, lors de son intervention, hier, sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale : «Je pense qu’il y a lieu de s’inquiéter, aujourd’hui. La situation du pays a freiné la relance de l’économie. A titre d’exemple, le secteur du BTPH est un secteur sinistré.» En effet, selon lui, les investisseurs sont très inquiets par rapport à la situation politique, ce qui les pousse à geler leurs projets d’investissement.

Cela se répercute négativement, a-t-il soutenu, sur l’économie nationale, l’employabilité et la création des richesses. «Toute la machine économique tourne au ralenti», a-t-il lancé. Et d’ajouter : «C’est une année blanche et pratiquement pas d’investissements.». Face à cet état de fait, le président du FCE a souligné la nécessité de prendre plusieurs mesures afin de sauver la situation économique du pays. Il a mis en exergue l’urgence «de revenir au basic et mettre de l’équité dans la décision du politique à travers l’économique. Il n’y a pas de différence entre le public et le privé».

Poursuivant sur sa lancée, il s’interroge : «Pourquoi le Trésor intervient pour éponger les déficits des entreprises publiques et ne le fait pas pour le privé.» Il s’agit également de lutter contre la bureaucratie et de libérer l’acte d’investir de toute contrainte, qu’elle soit bureaucratique ou politique. «La bureaucratie est le premier ennemie de l’économie», a-t-il assuré. M. Agli a, d’autre part, recommandé l’abrogation de la loi de répartition du capital dite règle des 49/51. «Je pense que c’est une loi à abroger et à garder pour des secteurs stratégiques mais non à généraliser », a-t-il plaidé. En ce qui concerne le régime de subvention, le président du FCE a souligné l’importance de penser économiquement et de ne pas rester dans le populisme.

«Cela ne veut pas dire la suppression de la subvention mais sa révision pour qu’elle soit utile et serve mieux la tranche des personnes ciblées», a-t-il précisé. Par ailleurs, abordant la gestion du FCE, Mohamed Sami Agli a fait état de la rupture avec les anciennes pratiques avec le lancement d’un nouveau mode de gouvernance, composé pratiquement de jeunes. Selon le même responsable, le digital est aussi mis à l’avant, au sein du FCE, soulignant que «l’économie numérique est un levier important de croissance sur lequel on a mis beaucoup de mobilisation et représentativité, au sein du Forum».

Samira Saïdj