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AÏN El-HADJAR La liste des bénéficiaires des logements sociaux sème le trouble

La mairie toujours fermée !

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Le siège de l’APC d’Aïn El-Hadjar, à une dizaine de kilomètres à l’Ouest du chef-lieu de la wilaya de Bouira, est fermé depuis plus de dix jours par des non-bénéficiaires des logements sociaux. Hier lors de notre passage sur les lieux, les protestataires campaient toujours sur leur position.

Ces derniers refusent de céder à leurs revendications, à savoir l’annulation de la liste des bénéficiaires des 117 logements sociaux, l’ouverture d’une enquête judiciaire pour élucider «les dépassements et les irrégularités» dans la confection de cette liste et, enfin, le départ du maire. Les responsables locaux sont désignés par les protestataires comme étant «responsables» de la dégradation du cadre de vie des citoyens au niveau de cette commune et de l’absence totale de projets de développement, plus particulièrement dans les zones rurales.

«Nous avons adressé plusieurs requêtes et pétitions au wali de Bouira, au procureur du tribunal d’Aïn Bessem et au chef de la daïra, où nous avons signalé l’ensemble des dépassements du maire dans la confection de cette liste qui ne peut pas être maintenue, car elle comporte les noms de certains fonctionnaires qui perçoivent plus de 24 000 DA par mois et les noms de certains étrangers à notre commune qui ont récemment déposé leurs dossiers de logement et aussi les noms de certaines personnes ayant déjà bénéficié d’un logement…

Aïn Hadjar est une petite commune et nous nous connaissons presque tous, nous connaissons aussi les cas de certaines familles qui vivent dans des conditions lamentables dans des baraques ou des anciennes maisons en terre, mais qui n’ont pas été retenues dans cette liste, alors qu’elles encourent d’énormes dangers dans leurs maisons. Nous nous demandons pourquoi tant d’injustice et d’arbitraire ?» s’est emporté l’un des protestataires rencontré hier sur les lieux.

Et à un autre d’enchaîner : «La distribution des logements sociaux a toujours été entachée d’irrégularités chez nous. Par exemple, le cas de l’ancien camp Ait Amar Ben Amar, qui date d’avant l’indépendance, n’a toujours pas été réglé et de nombreuses familles vivent toujours dans des taudis et des baraques de fortune. Malheureusement et malgré nos nombreuses solutions, aucun responsable n’est encore venu à notre rencontre pour qu’on puisse lui expliquer nos préoccupations. Le maire se contente de nous envoyer des émissaires qui n’ont font en réalité qu’envenimer la situation et accroitre notre colère».

En parallèle à la fermeture de la mairie, des dizaines de familles squattent toujours les locaux commerciaux des nouveaux bâtiments, où ils se sont installés depuis l’affichage de la liste des logements. À noter, par ailleurs, que le chef de la daïra d’Aïn-Bessem avait installé, au début de cette semaine, une commission chargée de réexaminer les dossiers et les situations de l’ensemble des 117 bénéficiaires.

Cette solution avait été rejetée par les protestataires qui avaient même «chassé» les membres de cette commission, lundi dernier, alors qu’ils s’apprêtaient à accéder à la mairie pour récupérer les dossiers des bénéficiaires. Il est utile de préciser, enfin, que seulement 64 recours ont été déposés au niveau de la commission des recours de la wilaya depuis l’affichage de la liste des 117 bénéficiaires.

Oussama K.