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ATH BOUYOUCEF - Une visite guidée dans le temps

La maison kabyle revisitée

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Belle initiative que celle prise par l’association culturelle «Gamal Ath Oumejqan», en organisant la première édition du Festival du patrimoine bâti, entre le 22 et le 24 de ce mois d’août, au village Tazrouts de la commune d’Ath Bou Yucef.

Hormis le programme artistique et autres expositions qui ont créé une grande animation au village, c’est surtout la maison traditionnelle kabyle qui attire l’attention du visiteur. Pour arriver sur les lieux de l’événement, il a fallu parcourir une longue rue en pente, bordée de part et d’autre par des maisons construites récemment. C’est à l’autre bout du village que se trouve la maison des «Naït Challal que les hôtes de Tazrouts sont appelés à visiter.

Au premier abord, elle ressemble à de nombreuses autres maisons qui composaient nos villages durant les années soixante-dix et dont la plupart ont aujourd’hui disparu. Quant à celles qui témoignent du passé de nos aïeux, elles sont abandonnées par leurs propriétaires et se trouvent de ce fait, en état de ruines, comme ce fut le cas de l’objet de notre visite. La maison présentée aux visiteurs appartient à la famille Naït Challal. Plusieurs pans de ses murs s’étaient effondrés. «Pour la réhabiliter et la remettre à son état initial, il a fallu tout reconstruire et ramener du bas de la vallée les poutres en bois devant remplacer les anciennes qui étaient en mauvais état», explique Mustapha Ben Mejqane, notre guide.

Taaricht, Tagrourt, lmedhwadh, adhekane, et les autres parties composant la maison kabyle ont été réhabilitées. Elles ont repris leur place initiale comme du temps où elles servaient encore. L’intérieur est décoré d’objets anciens et autres outils utilisés par nos aïeux tels tafaqloujth, thassebalt ou l’vila (une réserve à eau), le moulin à grains, le métier à tisser et le matériel dont se servaient les tapissières. Pour entrer à la maison, on traverse une sorte de hall «asqif» surmonté d’une mezzanine «taghourfets», à laquelle on accède par des marches d’escalier qui prennent naissance au niveau d’une grande cour entourée de plusieurs pièces qui composent la maison. Pour aller d’une pièce à l’autre, il faut toujours passer par la cour. La pièce réhabilitée et ses voisines ne dérogent pas à la règle. Les organisateurs, dont c’est la première expérience dans le domaine, projettent de restaurer toutes les maisons de ce type se trouvant dans le village.
A. O. T.