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APC d'Akbou

Le maire rend des comptes

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Les élus de l’exécutif de la commune d’Akbou ont organisé, samedi dernier, un meeting pour présenter leur bilan, après 18 mois de gestion des affaires de l’APC. Le rassemblement a eu lieu, au niveau de la salle de cinéma 20 Août 1956, en présence d’un public nombreux, qui a eu droit à un débat ouvert vers la fin de la rencontre.

Ayant pris les commandes de l’une des plus riches communes du pays, après 20 ans de règne sans partage d’Abderrahmane Bensbaâ, Mouloud Salhi, l’outsider du mouvement associatif, a eu la lourde tâche de présenter son bilan. D’une part, il a hérité, a-t-il souvent évoqué, de l’ancien exécutif de «989 projets inscrits non réalisés», ajoutées à cela une situation financière cacophonique et une population «impatiente et assoiffée» de voir son quotidien amélioré. Ce premier face-à-face avec le public est considéré, selon plusieurs témoignages, comme un acte favorable pour la réputation de cette nouvelle assemblée ayant été victime, ces derniers temps, de nombreuses critiques. D’autant plus que cette rencontre est la première dans les annales de la 2e plus grande et plus importante commune de Béjaïa depuis sa création.

A en croire Mohamed Boucherit, adjoint du maire chargé de la finance et de l’administration, la commune d’Akbou ne dispose plus d’un compte financier depuis 2005. «Nous étions dans un gouffre noir. Nous ne savons plus ce qu’il y a dans nos caisses», s’étonne M. Boucherit. Arrêté et assaini, au cours de la semaine dernière, la commune a eu, enfin, sa situation financière globale plus détaillée, se soulage-t-il. Ainsi, 1 053 programmes sont inscrits pour 824 milliards de centimes, dont 737 milliards ont été injectés aux 989 projets toujours pas réalisés.

Cette situation, consistant dans l’annexe 37 Bis 2018, fait également état de 401 programmes clôturés et dotés de 267 milliards. 649 programmes pour 775 milliards de centimes sont, entre autres, assimilés à cette annexe. «Elle sera mise à l’approbation le 24 juin, lors d’une Assemblée ordinaire», précisera l’adjoint du maire durant son exposé.

L’approbation de cette annexe sera comme «un leitmotiv» pour le lancement successif de plusieurs projets, ce qui va, estime-t-on, se répercuter sur la vie des Akbouciens. Alors qu’il était à 177 milliards de centimes, en 2018, le budget primitif est revu à la baisse, cette année, pour atteindre 103 milliards de centimes, en raison de la révision de la recette fiscale.

Ainsi, au cours de l’exercice 2018, 99 opérations parmi 110 sont visées par le CF (Contrôleur financier) et 179 autres approuvées et validées par l’organe administratif de contrôle.

Les priorités de l’exécutif

Pour l’exécutif en place, la première année était consacrée au «diagnostic». «Il faut d’abord reconstruire la maison et ensuite la meubler», estimera l’édile communal. Concernant les perspectives de l’année en cours, les cinq adjoints du maire se sont succédé pour étaler leur programme.

En effet, au cours de cette année, plusieurs opérations seront lancées et finalisées. Les travaux d’achèvement du bloc administratif, dont la façade a été incendiée en 2017, la réalisation de la salle omnisports (Voûte), la bibliothèque urbaine, la gare routière sont des projets phares, qui attendent d’être réalisés. La canalisation de plusieurs oueds de la région est également prévue. Il est question, avancent-ils, des oueds Tahriqth (côté haut), Boulegane (côté haut), Boulegane (parallèle à la voie B) et, enfin, Boulegane (gare).

Par ailleurs, au moment où les voies de communication reliant les différents quartiers et périphéries de la ville de Piton se trouvent dans un état lamentable, le bitumage de la voirie communale sur 26 km pour un montant de 17 milliards de centimes est prévu incessamment. D’autres projets sont aussi attendus, à l’image de la réalisation de l’éclairage public (Taharachth, Bvd 1er Novembre, Guendouza Gare), la rénovation du réseau d’assainissement du boulevard Boudiaf et de la rue Ouartilane à Guendouza, l’aménagement urbain (plusieurs quartiers de la commune), en plus de la réalisation et des travaux d’achèvement du stade des Martyrs d’Akbou.

Ce dernier a eu droit à une halte exceptionnelle. Une vidéo 3D, montrant la maquette du futur stade, a été projetée au grand bonheur des jeunes sportifs présents dans la salle.

Les appels du maire

Lors de cette rencontre, Mouloud Salhi a interpellé les services centraux concernés afin de permettre à la commune de prendre un essor, en termes de développement local. La municipalité souffre, selon un constat établi par le maire, d’un énorme déficit en matière d’encadrement. «Une commune de 80 000 habitants ne peut fonctionner avec 500 employés. Béjaïa dispose de 1 800 employés.

Le taux d’encadrement est faible. Il est estimé à 7 %», précise-t-il. Ainsi, le ministre de l’Intérieur est, à maintes reprises, appelé à établir «une dérogation», au profit de l’APC, afin de lui permettre de créer «des postes budgétaires», ajoute-t-on. «A ce jour, aucune réponse», se désole le maire. Sur un autre chapitre, plus ou moins important, le maire a parlé de la réalisation d’une déchèterie à Akbou.

Les nombreuses tentatives menées par l’APC pour mettre à sa disposition une assiette de terrain de 5 hectares DHP, sise dans l’actuelle décharge publique de Biziou pour y réaliser une déchèterie moderne, en partenariat avec des investisseurs privés, sont restées sans suite. Le projet de la STEP, prévu à Taharacht, est à l’arrêt. Il en est de même pour le projet du pont de Boumessoud reliant la ville d’Akbou à celle de Bouhamza et la pénétrante reliant Béjaïa à Ahnif et dont les travaux sont au ralenti.

Par ailleurs, le premier magistrat de la ville de Piton est longuement revenu sur les services «névralgiques» de l’Etat, qui sont absents à Akbou. «Le CTC, le cadastre, le TCH et les Domaines ont déserté Akbou», se désole-t-il, avant de lancer un appel pour «la création des sous-directions techniques à la place des subdivisions».
Menad Chalal