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Tizi-Gheniff

Les comités de villages assiègent la mairie

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La grogne des habitants d’Avadhidh, situé à kilomètres à l’ouest du chef-lieu communal, s’accentue, car l’alimentation en eau potable est souvent perturbée dans toute la commune. Devant cet état de fait, les villageois ont exprimé leur colère, hier matin, en fermant les services de l’APC.

«La décision a été prise par les Comités de village de notre localité de plus de 1 500 habitants. Nous avons remarqué que l’eau ne coule plus en quantité suffisante de nos robinets, c’est pour cela que nous sommes passés à l’action», dira un habitant du village dit «Les Tazekrat». Notre interlocuteur évoquera les perturbations d’eau signalées dans tout le versant.

«Depuis plus d’un mois, aucune goutte n’a coulé de nos robinets. Le problème se pose au niveau de la conduite qui nous alimente à partir du réservoir d’Ameddah. Elle est entièrement détériorée. Nous avons constaté qu’après chaque réparation, une autre fuite apparaît», soulignera un autre intervenant. Ils étaient des dizaines de citoyens devant le siège de l’APC à réclamer leur part d’eau.

D’ailleurs, ils ont empêché tous les services d’ouvrir leurs portes. Devant cette situation urgente, le maire, M. Djamel Mahmoud, invitera les représentants du village à une réunion où le problème a été largement débattu. «La cause principale est la conduite en acier entièrement rouillée. Même si elle est réparée, elle ne tient pas longtemps. La seule solution est la réalisation d’une autre conduite. Toutes les solutions possibles ont été mises sur la table des discussions», nous répondra le maire.

Et de poursuivre : «Nous avons un projet de réalisation d’une conduite sur 3 00 ml à partir de la SR4 jusqu’à la SR5. D’ailleurs, le projet a été confié à une entreprise. Celle-ci a déjà posé les tuyaux, en attendant le lancement des travaux. Je pense qu’avec la concrétisation de cette opération, le problème sera réglé parce que nous avons aussi le problème des fuites récurrentes qui causent d’énormes pertes d’eau. Lorsque notre quota est pompé, une grande partie est déversée dans la nature. Cela nous empêche de respecter le programme de distribution.»

Selon le P/APC, la conduite dont parlent les villageois est souvent réparée par l’ADE avec l’aide de l’APC. D’ailleurs, comme solution urgente, un engin de l’APC a été mis à la disposition de l’ADE afin de réparer les grosses fuites. « Une fois les fuites réparées, nous essaierons de redoubler d’efforts pour rétablir l’alimentation en eau potable de ces villages», soulignera-t-il.

Pour leur part, les membres de la délégation reçue par le maire étaient disposés à apporter leur contribution et à suivre de près la situation, en accompagnant les agents qui ouvrent et ferment les vannes. Pour le moment, nous sommes encore au début de la saison estivale. D’autres protestations sont attendues parce que d’autres villages souffrent du même problème. Pratiquement, le manque est partout.

Il est à signaler que le versant Nord «Ath Itchir», dont la population est supérieure à 10 000 habitants souffre de ce problème depuis des années. «Nous n’avons pas d’eau. Il faut savoir que nous avons 1 h à 2 h tous les quinze jours. C’est un gros problème. Il y a des fuites partout et nous n’avons pas d’ouvrages hydrauliques propres à notre versant. Actuellement, nous sommes desservis à partir du réservoir du lieu-dit ‘Point 636’ à proximité du CEM Base 4. Pourtant, un réservoir est réalisé à côté de l’unité de soins du village. Cependant, il n’est pas encore opérationnel. En tout cas, c’est un calvaire, au quotidien», nous répondra un habitant d’Ath Itchir.

Ce dernier ajoutera que le château d’eau du «Point 636» alimente aussi la commune de M’Kira. L’été s’annonce chaud dans toute la région, car l’eau est trop demandée en ces périodes de grandes chaleurs. Les villageois recourent à l’achat de l’eau à raison de 2 000 dinars la citerne sur commande parce que les livreurs d’eau sont rares. A noter que ce ne sont pas tous les citoyens qui peuvent se permettre ce luxe.
Amar Ouramdane