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Université de Bouira

Les débrayages des étudiants se multiplient

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Un mouvement de grève ouverte a été entamé, avant-hier jeudi, par les étudiants du département de langue et culture amazighes de l’université Akli Mohand Oulhadj de Bouira, qui ont même boycotté les examens du 2e semestre prévus par l’administration de ce département. D’après les grévistes, c’est en guise de solidarité avec l’un de leurs camarades de la 2e année master que ce mouvement a été enclenché. Pour rappel, l’étudiant en question a été convoqué par le conseil de discipline du département, suite à une altercation verbale avec un enseignant, lors d’un examen qui s’est tenu au début de l’année.

Le concerné avait aussi refusé de répondre aux nombreuses convocations de l’administration, s’estimant innocent des faits qui lui sont reprochés par le conseil de discipline et l’enseignant. Un avis partagé par les étudiants de ce département, dont le comité autonome a appelé, dès jeudi dernier, à un mouvement de grève ouverte, jusqu’à l’annulation de cette démarche disciplinaire. Du côté de l’administration, on assure que cette démarche est réglementaire et qu’elle est venue après le rapport présenté par l’enseignant de ce département.

On assure aussi qu’une enquête interne a été ouverte juste après cet incident et que c’est aux membres du conseil de discipline de trancher objectivement entre les versions des deux parties. Toujours durant la même journée de jeudi, les étudiantes, qui résident à la cité universitaire Chama Aïnouche, ont observé un rassemblement de protestation devant l’administration de cette résidence. Elles ont dénoncé de ce fait «la dégradation des conditions d’hébergement au sein de cette cité» et la détérioration des principaux services de restauration et de transport.

Les étudiantes ont également décrié la défaillance des appareils de chauffage et les coupures répétitives et prolongées de l’eau potable à l’intérieur des pavillons et aussi réclamé le renforcement du service de sécurité, au sein de la résidence. Mécontentes, elles ont alors menacé de bloquer le siège de l’administration dès la semaine prochaine. Ces étudiantes ont adressé, par ailleurs, une requête au directeur général de l’Office national des œuvres universitaires, à travers laquelle elles réclament l’envoi d’une commission d’enquête pour déterminer les causes et les responsables de cette dégradation sans précédent.

Il est utile de rappeler que la grève enclenchée depuis dimanche dernier par les étudiants des facultés des sciences humaines et sciences économiques se poursuivait encore jeudi dernier. Un rassemblement de protestation a été même prévu pour demain par les étudiants grévistes. Si les étudiants de la faculté des sciences humaines réclament l’amélioration de leurs conditions de scolarisation et un accès direct et sans conditions aux postes de master pour l’ensemble des étudiants diplômés l’année dernière, ceux de la faculté des sciences économiques demandent la tenue d’une nouvelle session des examens du 2e semestre et de rattrapage ainsi que l’annulation des délibérations finales et des résultats de l’année précédente.

Oussama Khitouche