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Aït Yahia Moussa

Les habitants d’Afir bloquent le siège de l’APC

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Des habitants d’Afir ont fermé, hier, le siège de leur APC, qui n’ouvre du reste depuis plusieurs mois que trois jours par semaine (dimanche, mardi et mercredi). Les protestataires dénonçaient «les promesses non tenues» concernant l’ouverture d’une piste agricole qui devrait désenclaver leurs champs d’oliviers et servir d’accès aux secours, notamment à la Protection civile.

Un protestataire explique que le projet de cette piste a été inscrit dans le programme d’urgence de 2017, après les incendies qui avaient dévasté une grande partie de la commune et causé la mort d’un éleveur, cette année là. «C’est un projet qui revêt une importance capitale. Notre commune est oubliée. On ne vient nous voir qu’après les catastrophes. Comment se fait-il que cette piste de 1800 mètres ne soit toujours pas ouverte, alors que cela fait deux ans qu’elle est inscrite ? Il y avait un bulldozer à Tifaou, pourquoi a-t-il été dévié vers une localité de Boghni ? On nous avait promis que dès que l’engin aurait fini à Tifaou, il viendrait lancer les travaux chez nous. C’est ça qui nous a mis en colère».

Un autre protestataire ajoutera : «Si nous avons pris la décision de fermer la mairie, c’est pour lancer un premier avertissement, parce que nous avons l’intention d’aller encore plus loin. D’autres actions suivront si notre revendication n’est pas entendue». En cours de matinée, une délégation des villageois a été reçue par les services des forêts à Boghni. «Ils se sont engagés à ce qu’avant la fin de la semaine l’engin arrivera à Afir. Nous en avons pris acte. Mais si rien n’est fait d’ici là, nous passerons à d’autres actions», expliquera un membre de la délégation.

En fin de matinée, les villageois protestataires se sont dispersés dans le calme. Pour rappel, en 2008, des feux de forêt avaient ravagé des centaines d’hectares à Afir. Mais la plus grande catastrophe fut celle de juillet 2017. Et c’est donc après ce sinistre que, par instruction du ministre de l’Intérieur et des collectivités locales, accompagné de celui de l’Agriculture, près de 10 kilomètres de piste ont été inscrits en faveur de cette municipalité dont le tissu végétal et notamment les oliviers partent chaque été en fumée laissant les oléiculteurs dans le désarroi absolu.

Tous les interlocuteurs que nous avons approchés ont exprimé leurs craintes : «Plusieurs feux de forêt ont déjà été enregistrés cette année dans notre commune. Et même si les dégâts ne sont pour le moment pas importants, nous dormons toujours la peur au ventre», nous dira un habitant de Tachtiouine. Aussi bien les citoyens que les autorités locales réclament un poste avancé de la protection civile. «L’unité de Draâ El-Mizan couvre quatre grandes communes, à savoir Draâ El-Mizan, Frikat, Aïn Zaouia et la nôtre. Elle n’a pas les moyens d’intervention nécessaires, notamment en été. Nous demandons l’installation d’un poste avancé au chef-lieu communal afin que les secours soient rapides», dira un élu à l’APC.

Deux sites peuvent accueillir les deux projets, le CEM Frères Oudni au centre-ville, désaffecté depuis près de quatre ans, ou l’ex-siège d’APC inoccupé pour le moment, indique-t-on. D’aucuns ne cachent pas leurs «étonnement et surprise», du reste dans la région, de constater que «sur les onze postes avancés annoncés par la direction de la Protection civile ne figurait pas le nom d’Aït Yahia Moussa».
Amar Ouramdane