Accueil A la une Les habitants de Tifaou et Hellil ne décolèrent pas

Aït Yahia Moussa

Les habitants de Tifaou et Hellil ne décolèrent pas

204

Pour la deuxième journée consécutive, la RN25, entre Draâ El-Mizan et Tizi-Ouzou, était coupée à la circulation hier. Les habitants des villages Tifaou et Hellil ne lâchent pas prise et exigent la prise en charge de leurs revendications. Ils ne veulent rien entendre de la part des autorités.

«Nous ne céderons ni à la pression ni aux promesses parce que notre patience a des limites. Combien d’actions avons-nous menées depuis 2017 ? Nous n’avons eu droit qu’à des promesses non tenues. Nous ne pouvons plus supporter ce calvaire au quotidien», nous dira un membre du collectif de villageois protestataires. Dans la journée d’hier, les camionneurs en provenance des briqueteries d’Aomar (Bouira), des cimenteries de Sour El Ghozlane ou encore des carrières d’agrégats d’El Hachimia ont ainsi été contraints de transiter par la RN30, puis le CW128 à Boghni pour rallier Tizi-Ouzou.

«Fort heureusement, les gendarmes et les policiers en poste au carrefour de la ville de Draâ El-Mizan vers Tizi-Ouzou nous ont orientés vers Boghni. Sinon, on aurait continué jusqu’à Aït Yahia Moussa et aurions été contraints de rebrousser chemin», nous déclarera un routier. Le carrefour au centre-ville d’Aït Yahia Moussa vers Draâ Ben Khedda et vers Draâ El-Mizan a en effet été bloqué.

À l’exception des ambulances, personne n’était autorisé à passer. «Seul le recours à cette action peut nous faire entendre des responsables et aboutir au déblocage notamment du projet de bitumage de notre route arrêté depuis longtemps. Nous ne demandons pas la lune. Puisque l’argent existe, je ne vois pas pourquoi tout ce retard et tous ces désagréments causés à la population», s’insurge un protestataire. Les protestataires se disent résolus à continuer leur mouvement tant que leurs villages ne bénéficient pas des moindres commodités, notamment le bitumage de la route.

«Nous demandons tout simplement la prise en charge de nos doléances. Libérer la route est conditionné par l’arrivée des engins sur les lieux, parce que nous avons été bernés pendant longtemps», souligne un autre représentant du collectif d’habitants. Et à un autre de reprendre : «Pour les autres revendications, on peut attendre. Une fois le bitumage de la route sera lancé, nous organiserons une assemblée générale et nous déciderons des positions à prendre». Pour rappel, en plus du bitumage de cette route, se posent également les problèmes de l’assainissement, des foyers non encore raccordés au réseau d’électricité et de la défaillance de l’alimentation en eau potable. Dans l’après-midi d’hier, la route était toujours fermée à la circulation.
Amar Ouramdane