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BOUIRA - Baisse de débit, vétusté des réseaux…

Les pénuries d’AEP s’élargissent

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Les pénuries d’eau potable dans la wilaya de Bouira et particulièrement la daïra de M’Chedallah s’allongent et se prolongent dans le temps. Les raisons sont multiples dont la baisse des débits au niveau des sources naturelles captées, du barrage de Tilesdit et des forages. Ajoutée à cela, la vétusté de la plupart des réseaux de captage et de distribution. Par ailleurs, de l’aveu même du wali de Bouira, il existe une mauvaise coordination entre les différents organismes en charge d’alimenter correctement en eau potable les milliers de foyers.

Les citoyens ont aussi leur part de responsabilité, en gaspillant cette ressource précieuse, en plus du fait que la majorité des foyers n’aient pas de compteurs, sans oublier les piquages anarchiques et les piratages qui se comptent par centaines sur les réseaux de transport et de distribution. Aussi, il faut savoir qu’aucune des six communes de la daïra de M’Chedallah n’est épargnée par le phénomène des pénuries d’AEP y compris celle de Saharidj. L’une des plus riches en ressources hydriques à l’échelle de la wilaya grâce à ses nombreuses sources naturelles, au débit phénoménal.

Cependant, force est de constater qu’elle est soumise à un rationnement drastique depuis le début du mois d’août avec moins de 4 h d’eau par jour. «Auparavant, l’eau coulait H24 de nos robinets aussi bien au niveau du chef-lieu communal que de certains villages périphériques», affirme un habitant de Saharidj. En ce qui concerne la commune de M’Chedallah, ce sont surtout les villages Ath Ivrahim, Tamourt Ouzemour et Ath Yekhlef qui se plaignent le plus des longues pénuries. Quant aux localités alimentées à partir du barrage de Tilesdit, leurs citoyens disent éviter de boire cette eau, affirmant qu’elle est «de mauvaise qualité».

C’est aussi le cas des citoyens de Raffour avec ses 12 000 âmes qui s’approvisionnent toujours en AEP par leurs propres moyens, au niveau des sources de leurs anciens villages en haute montagne dans la commune de Saharidj. A Ath Mansour, le village Ath Vouali et ses quartiers périphériques se plaignent de ces pénuries, au même titre que la totalité des villages de la commune d’Aghbalou. Il y a lieu de rappeler que des enveloppes colossales ont été englouties durant ces 5 dernières années pour la réalisation de conduites de transport et de distribution d’eau.

Il en est de même pour la réalisation de dizaines de petits réservoirs, dont les capacités varient entre 1 500 et 5 000 litres, sans qu’une quelconque amélioration dans la distribution ne soit enregistrée. Par ailleurs, il est à noter que la mauvaise coordination entre les différents gestionnaires de l’AEP, à M’Chedallah, en l’occurrence les APC, l’ADE et les services de l’hydraulique, a contraint l’actuel chef de daïra à s’immiscer dans la gestion de l’AEP pour parer aux mouvements de protestation inhérents aux sempiternelles pénuries. A titre d’information, les mesures urgentes qui avaient été prises, l’année dernière, pour que la commune d’Aghbalou alimente en AEP le village Takerboust, chef-lieu communal, sont tombées à l’eau.

Cinq milliards ont été dégagés pour ce faire par les autorités mais c’est le mouvement associatif qui a dû prendre les choses en main, en alimentant le village via des canalisations vers des sources de montagne et même à partir de l’oued Aghbalou avec tous les risques que cela comporte. «Bien évidemment, si une épidémie due aux MTH venait à survenir à cause de ces pratiques, les autorités de wilaya devront en assumer pleinement les conséquences, car aucun responsable n’est capable de nous alimenter en AEP», déclare un citoyen de ce village.

Oulaid Soualah