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Tizi Ouzou - Ouverture «anarchique» d’officines

Les pharmaciens en sit-in

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Les pharmaciens d’officines de la wilaya de Tizi Ouzou ont organisé, hier, un sit-in de protestation contre l’ouverture des pharmacies «anarchiquement». Cette action de protestation à laquelle le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (SNAPO) a appelé «est un cri de détresse des pharmaciens pour dénoncer et contester la politique de deux poids deux mesures appliquée par l’administration locale», a affirmé le président du bureau local de ce syndicat, Mouloud Smaïli. Selon ce syndicaliste, «on attribue à certains pharmaciens des autorisations d’ouverture, en infraction avec les articles de loi régissant cette démarche, à savoir le respect de la distance réglementaire de 200 m entre deux pharmacies et le nombre d’habitants, soit un pharmacien pour 4 500 à 5 000 personnes».

Le SNAPO a également fait part de la «violation de la loi et de l’ouverture de pharmacies sans demande ni dossier soumis à la commission locale». D’ailleurs, deux cas ont été pointés du doigt, notamment à Fréha et Boghni. A propos de la commission locale, Mouloud Smaïli explique qu’elle est «chargée d’élaborer la carte sanitaire de la wilaya, en recensant le besoin exprimé en matière de pharmacies». Pour l’un des cas cités, le président du SNAPO local affirme que la distance entre l’officine ouverte et une autre ne dépasse pas 4 m, ce qu’il a qualifié de «cas inédit» à l’échelle nationale. «Nous dénonçons ces pratiques (…)

Il y a des mécanismes réglementaires par lesquels le pharmacien doit passer pour ouvrir son officine.» Un pharmacien présent sur place indique que cette situation pénalise le pharmacien mais aussi le malade. Selon lui, «l’ouverture de pharmacies l’une à côté de l’autre à plus de 200 m, comme le stipule la loi, ne travaille ni dans l’intérêt du pharmacien ni dans celui du malade». Il ajoute que cette situation «tue le pharmacien». Et de poursuivre : «Cela veut dire qu’il ne travaille pas, ce qui se répercutera sur la disponibilité des médicaments, et c’est ce volet qui pénalise le citoyen». Actuellement, à Tizi Ouzou, la moyenne est d’un pharmacien pour 2 000 habitants, au lieu de 4 500 à 5 000, affirme-t-il.

H Kamela.