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Grève générale, report de l’élection présidentielle…

Les politiques s’expriment à Béjaïa

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La grève générale qui paralyse, depuis dimanche, presque toutes les localités de la wilaya de Béjaïa, l’annonce du report de l’élection présidentielle du 18 avril 2019… sont, entre autres, les sujets qui polarisent l’attention ces derniers jours.

Said Salhi de la ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH) affirme sur sa page Facebook: «Vigilance et prudence, ne crions pas victoire. Bien que ce qui s’est passé aujourd’hui est le fruit d’une grande réalisation du peuple algérien, héroïque et formidable, mais il faudra être attentifs pour la suite.

Le véritable défi est le changement pacifique et démocratique du système. Beaucoup de questions n’ont pas encore de réponses. Le renoncement du Président sortant au 5e mandat et l’annulation de l’élection présidentielle sont des mesures qui vont apaiser la rue, mais le plus important reste à venir. Vigilance et mobilisation pacifique jusqu’au changement du système pas dans le système». Les événements de ces derniers jours ont fait réagir également Zina Ikhlef, la députée de Béjaïa qui s’interroge sur le «silence» du parti qui l’a parrainé. «Vu que le parti qui m’a parrainé (le RPR) n’a pas pris une décision claire à ce jour sur la position du parti concernant le 5e mandat, moi, Mme Zina Ikhlef, députée de Béjaïa, je déclare adhérer au mouvement de l’opposition concernant le boycott de l’assemblée populaire nationale car j’ai toujours été du côté du peuple et j’y resterai». Kamel Bouchoucha, député du RND, a, lui aussi, posté une déclaration explicative sur sa position et sa vision : «S’il n’y a pas une évolution politique positive dans le sens qui va satisfaire les doléances exprimées par les citoyens depuis le 22 février 2019, je déclare que je ne serai concerné ni de prêt ni de loin par cette échéance électorale du 18 avril 2019». Le tonitruant ex-député du FFS, Chafaa Bouaiche en l’occurrence, écrira sur sa page Facebook : «Le pouvoir cède à la pression de la rue. Faisons confiance aux Algériens et non pas au pouvoir». Djamel Zenati, ex-député et cadre du FFS, a, dans un post sur sa page Facebook, réagi à l’appel à la grève générale relayé sur les réseaux sociaux. Il dira en substance : «Dans la hiérarchie des formes de lutte politique, la grève générale occupe indiscutablement le sommet. (…) La grève générale est une action très forte aux conséquences parfois imprévisibles. Elle peut provoquer un retournement d’opinion et servir d’alibi aux aventuriers de tous bords. Il est donc nécessaire de faire preuve de clairvoyance et d’une extrême vigilance dans la gestion de la grève de cinq jours. Cette action ne doit pas peser négativement sur les secteurs liés à la santé, aux transports et au quotidien du citoyen et altérer le potentiel de mobilisation des populations. Le pouvoir aux abois n’attend que ça. Aussi, des aménagements peuvent accompagner cette action spectaculaire sans affaiblir aucunement la détermination populaire. L’Algérie vit un moment historique sans précédent depuis l’indépendance. La force du peuple est dans son unité, sa maturité et son intelligence. Le mouvement populaire doit éviter tout ce qui peut l’entrainer dans des voies incertaines et sans issues». Au sujet du report des élections et des décisions annoncées par la présidence, Djamel Zenati soulignera : «Une grande victoire mais grande manœuvre également (…)», s’exclame-t-il. De son côté, la députée de Béjaïa du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a, sur sa page Facebook, exprimé son point de vue sur les derniers développements : «Les décisions de Bouteflika sont anticonstitutionnelles», dira-t-elle.
A Hammouche