Accueil National Les travailleurs d’ALRECC paralysent les chantiers

BOUMERDÈS - Sans salaire depuis quatre mois

Les travailleurs d’ALRECC paralysent les chantiers

113

Le conflit entre travailleurs et responsables a refait surface à l’entreprise l’Algérienne des Réalisations et Construction du Centre (ALRECC) à Boumerdès. Des centaines de travailleurs, d’ouvriers et de maçons paralysent, depuis lundi dernier, les chantiers de l’entreprise notamment celui d’un bloc administratif au profit de Cetim, un centre de recherche en matériaux de construction.

Le projet est suivi par l’entreprise de bâtiment d’Alger (EBA) filiale d’ALRECC. Les manifestants qui ont observé un sit-in devant l’entrée du chantier de Cetim réclament le paiement des quatre derniers mois de salaire, soit depuis janvier, affirme, Samir, un travailleur de l’entreprise. «En février dernier, nous avons enclenché un mouvement de grève pour réclamer le paiement de nos salaires.

L’entreprise avait alors versé uniquement les salaires du mois de novembre et décembre 2018. Nous avons cru que cela ne se reproduira pas, mais les responsables persistent dans leur entêtement et certains veulent emmener l’entreprise à la faillite», ajoute notre interlocuteur. Les travailleurs, plus d’une centaine à avoir protesté, venus de plusieurs wilayas du pays, de Chlef,de Mascara et même de Maghnia, avouent ne pas avoir les moyens pour rendre visite à leurs familles alors que le mois de Ramadhan approche.

Ils ont accroché sur le grillage du chantier plusieurs banderoles sur lesquelles on pouvait lire «Les travailleurs d’ALRECC sont en grève illimitée», «Nous réclamons le paiement de nos salaires des quatre mois derniers », «Ceux qui ont contribué à la faillite de l’entreprise doivent répondre de leurs actes», «Non à la hogra, non à l’esclavagisme moderne». Les manifestants ont dénoncé, par ailleurs, le licenciement de 11 travailleurs dont 05 à l’EBA et les autres à ALRECC. Ils dénoncent un licenciement abusif au lieu de trouver une issue favorable aux problèmes de l’entreprise et ceux des travailleurs par l’ouverture d’un dialogue.

«Les responsables s’entêtent, car au lieu de répondre aux revendications des travailleurs, ils répondent par des menaces de licenciement de travailleurs, dont la plupart sont venus de loin et contraints de travailler pour subvenir aux besoins de leurs familles», dénonce Samir. Et un autre d’ajouter : «Nous réclamons encore l’amélioration des conditions de travail dans les chantiers et la titularisation des travailleurs contractuels.

En sus de cela, ajoute-t-il, aucune convention collective n’est signée entre les deux partenaires, ce qui laisse libre champ à l’entreprise de manœuvrer comme bon lui semble». Samir, un jeune fonctionnaire, père de deux enfants, nous informe de l’absence d’une section syndicale à même de défendre les droits des travailleurs dans de telles situations. Avant-hier, un responsable s’est déplacé sur les lieux de la manifestation pour tenter de trouver une issue au problème.

Youcef Z.