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Programme d’appui au secteur agricole

L’UE met en exergue le rôle de la femme

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Une mission du programme d’appui au secteur agricole (PASA) avec un expert national d’expertise France mandatée par l’Union Européenne était en visite, hier, au niveau de la DSA de Bouira pour s’enquérir du rôle de la femme rurale dans la filière oléicole. Un rôle masqué, selon Tahar Maza, expert national pour le PASA «Expertise France» qui soulignera que la femme occupe un rôle central. «Cette filière oléicole est caractérisée par l’intervention majeure de la femme bien qu’elle soit masquée, en retrait du devant de la scène, car c’est l’homme qui est l’interface officiel dans les relations externes, mais la majorité des travaux dont la cueillette sont des tâches effectuées par la femme».

Lors de cette journée qui se veut un diagnostique de l’agriculture et notamment la filière oléicole en zoomant sur la femme rurale, la délégation composée de M. Maza et de Mme Mélanie Lunel, chargée auprès de l’Union Européenne pour la mise en œuvre du PASA, a eu toute la latitude de prendre connaissance du degré d’implication et d’interaction de la femme dans la vie économique en général et la sphère agricole et oléicole en particulier. «Nous avons établi un constat à Béjaïa et nous allons le faire demain à Tizi Ouzou pour cerner les contraintes et faire un état des lieux de l’implication du rôle de la femme dans la sphère économique et oléicole afin de proposer des perspectives dans le sens de l’amélioration et du renforcement de son rôle dans la vie économique et surtout dans la filière oléicole particulièrement car faisant l’objet du programme PASA», explique M. Maza.

«Ce programme a été mis en œuvre en 2007 avec une phase de formulation concernant la venue de plusieurs experts qui ont travaillé avec le ministère de l’Agriculture et la délégation de l’Union Européenne afin de voir les filières stratégiques pour l’Algérie et de proposer l’assistance technique dans ces filières. Il se trouve que les trois filières choisies de manière consensuelle sont les dattes et le maraichage dans le sud pris en charge par l’agence GIZ et la filière oléicole prise en charge par la filière Expertise France», détaillera l’expert. Ce dernier estime que la phase de démarrage vient juste de commencer à travers un diagnostic global et exhaustif à travers les trois wilayas de Béjaïa, Bouira et Tizi Ouzou.

«Sur les questions de l’environnement dans cette filière oléicole, nous avons tenu le premier Comité technique régional (CTR) qui a pré-validé les recommandations élaborées lors d’un atelier d’intervention du PASA dans sa stratégie d’intervention. Le CTR a pré-validé les grands axes d’interventions du PASA à travers trois composantes, à savoir l’augmentation de la production, l’amélioration de la valeur créée par la filière oléicole en amont et en aval, ainsi que le dialogue, l’échange et la communication entre les différentes parties prenantes de la filière oléicole aussi bien entre les membres de la filière que les différentes institutions publiques ou privées de recherche de développement ou d’appui technique.

Notre présence ici est pour améliorer le rôle et impliquer davantage et d’une manière profitable la femme dans cette filière, car maintenant nous avons une idée à travers ces trois wilayas et nous avons déjà proposé certaines pistes pour améliorer et lever les contraintes qui pèsent sur cette filière», explique M. Maza. Les contraintes relevées, selon l’expert, se trouvent au niveau de la production engendrant parfois des couts très élevés pour un rendement faible. «Il y a un manque à gagner très flagrant en terme de valeur créées par la filière oléicole, c’est à dire qu’on ne valorise pas suffisamment le produit olive et huile d’olive et même les sous produits qui ne sont pas convenablement valorisés.

Nous avons eu à constater également un manque flagrant dans la communication et l’échange, soit d’ordre technique ou dans l’information», déplorera l’expert. Pour Louisa Amirat, cadre à la DSA de Bouira, le projet a été entamé en janvier 2019 à Bouira. «Bouira étant une wilaya à forte potentialité oléicole, le programme d’appui au secteur agricole (PASA) dans la filière oléiculture a débuté en janvier dernier. Depuis, beaucoup d’activités ont été réalisées avec des prospections sur les vergers, des rencontres avec les professionnels et l’administration et de nombreux constats ont été établis avec ces activités.

Aujourd’hui, cette journée est une étape préparatoire de la Journée nationale de la femme rurale célébrée le 16 octobre, où il y aura des expositions avec les productions et activités des femmes de la wilaya à travers toutes les filières oléicoles, apicoles, poterie… et c’est pour cela que nous avons invité les représentantes des femmes rurales, notamment celles regroupées au sein d’associations. La chargée de l’Union Européenne s’est entretenue avec de nombreuses femmes présentes pour s’enquérir de leur rôle au sein des activités agricoles et oléicoles. Les femmes rurales contribuent à apporter une valeur ajoutée au secteur agricole», révèle Mme Amirat.

Pour cette responsable, toutes les subventions de l’État ont permis d’avoir un impact positif sur la production avec une nette augmentation enregistrée : «Depuis l’intervention de l’État pour améliorer le dispositif dans la filière oléicole, il y a l’implication massive des agriculteurs et une dynamique a été créée.

Depuis les années 2000, l’État a financé de nombreuses opérations pour cette filière, cuvettes, taille, huileries pour permettre une meilleure qualité de l’huile d’olive, des financements pour les récoltes… afin d’avoir une valeur ajoutée sur le produit». Mme Amirat mettra en exergue également l’augmentation de la production d’huile d’olive d’une année à une autre et même avec l’alternance, les rendements des années creuses évoluent de manière positive. La responsable de la DSA se félicitera de l’absence de contraintes pathologiques telles la mouche de l’olive et ce «grâce aux multiples journées de vulgarisation et de formation organisées par les services de la DSA, ce qui a permis de diminuer le taux d’infestation de cet insecte».

H. B.