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M’KIRA - Il fut le père de la psychiatrie en Algérie

Mahfoud Boucebci évoqué dans son village

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15 juin 1993 – 15 juin 2019, il y a vingt-six ans, le professeur Mahfoud Boucebci était assassiné par un groupe terroriste devant l’hôpital Drid-Hocine de Kouba (Alger).

En effet, il était non seulement médecin en chef dans cet établissement mais aussi un fervent défenseur des droits de l’homme et des libertés. Il avait même créé un comité de vérité sur l’assassinat du journaliste-écrivain Tahar Djaout, sur qui les sanguinaires avaient tiré un certain 26 mai de la même année, avant qu’il ne rende l’âme le 2 juin suivant.

A l’occasion de la commémoration de ce triste anniversaire, le comité du village Talaâzizth, l’organisation nationale de la protection de l’enfance et de la jeunesse et l’APC ont initié une rencontre pour revisiter le parcours de cet illustre professeur en psychiatrie. Les activités de commémoration ont eu lieu, avant-hier, à la bibliothèque communale.

Une exposition de manuscrits et de travaux scientifiques du défunt professeur, de coupures de journaux relatant son assassinat, ainsi que des documents illustrant le parcours de l’enfant de Talaâzizth était ouverte au public. En plus du maire et des autorités locales, d’autres élus, à l’image du P/APW de Tizi-Ouzou, ont marqué de leur présence ce rendez-vous.

Tout d’abord, l’assistance a observé une minute de silence à la mémoire de cet illustre psychiatre et à celle de tous les martyrs de la démocratie. Plusieurs intervenants ont fait l’éloge du regretté professeur, qui bien que n’ayant pas vécu dans le village, venait souvent rendre visite à sa famille et discuter avec les siens et les habitants.

«Nous savons tous le respect que vous accordez au professeur Boucebci, même si beaucoup d’entre vous ne le connaissaient pas. Je vous remercie de votre présence. Aujourd’hui, nous nous inclinons devant sa mémoire. Même s’il n’est plus de ce monde, il est toujours vivant à travers ses travaux. Il était un homme propre, intègre, défenseur des droits de l’homme et de toutes les libertés. Il a consacré toute sa vie à la psychiatrie. Tout le monde le considérait comme étant le père de la psychiatrie en Algérie», dira M. Abdelkader Rahal, l’un des organisateurs.

Le P/APW quant à lui s’est engagé à satisfaire la demande du comité de village qui voudrait ériger une stèle à la mémoire de Mahfoud Boucebi. Intervenant à son tour, le président du CSA/ O M’kira a annoncé que la finale du tournoi organisé à la mémoire du défunt est prévue pour le 21 juin au stade municipal.

Peu avant la clôture, après tous les témoignages, les présents ont pris la direction du domicile de la famille Boucebci, une vieille maison, pour s’y recueillir. Une waâda fut ensuite offerte aux invités du village, dans une ambiance empreinte de recueillement.

Le regretté Mahfoud Boucebci est né le 22 novembre 1937 à Miliana. Il occupa de nombreux postes de responsabilité dans des hôpitaux algérois et fut aussi récompensé pour ses travaux en décrochant à deux reprises le prix maghrébin de médecine, en 1982 et 1988. Il était aussi président de la société algérienne de psychiatrie avant d’être nommé médecin-chef à l’hôpital Drid Hocine de Kouba, avant son assassinat le 15 juin 1993.

«Tout le monde se souvient encore de sa gentillesse et de son dévouement pour son métier», diront toutes les personnes que nous avons approchées.
Amar Ouramdane