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Maître Salah Brahimi, bâtonnier de Tizi-Ouzou

«Non à l’instrumentalisation de la justice»

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La Dépêche de Kabylie : L’Ordre des avocats a appelé à la marche d’aujourd’hui. Un commentaire ?
Salah Brahimi
: L’action d’aujourd’hui veut dire qu’on est toujours là, debout et mobilisés. On n’a pas lâché notre engagement ni notre mobilisation avec le peuple algérien. C’est notre droit et notre devoir à la fois. La défense est la voix du peuple. Nous sommes avec le peuple jusqu’au départ du système. On est jeûneurs, résistants et l’on rejette le système. On refuse et on rejette l’élection du 4 juillet et toute transgression de la volonté populaire.

On est aujourd’hui dans la rue pour dire : y en a marre de ce système. Il faut qu’ils sachent et comprennent que ce que revendique le peuple est légitime et que c’est son droit le plus absolu. Jusqu’à quand ce pouvoir restera aveugle et sourd, occultant la volonté du peuple qui est le départ du système. On va résister jusqu’au départ du système quitte à ce que cela prenne des années. 57 ans barakat ! C’est un hold-up de la démocratie et de la volonté populaire.

La justice est sujette à des commentaires en ces temps de crise…
Nous demandons la séparation des pouvoirs. Une réelle séparation, l’indépendance de la justice où cette dernière ne se soumettra pas aux ordres et aux coups de téléphone. Non à l’instrumentalisation de la justice pour les rendements de comptes ! Non, nous ne voulons pas ça. Nous réclamons une justice indépendante.

Un commentaire sur le dernier communiqué du Syndicat des magistrats ?
Nous encourageons les quelques magistrats qui ont eu le courage et la bravoure de se mettre du côté du peuple, en apportant leur soutien au mouvement populaire. Nous sommes avec ces magistrats qui ont eu du courage et nous allons les soutenir, nous sommes des avocats et on va soutenir tous ceux qui luttent pour un Etat de droit. La loi doit être au-dessus de tous.

Propos recueillis par K. H.