Accueil A la une «Régler le problème d’eau fut une de nos priorités»

«Régler le problème d’eau fut une de nos priorités»

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La Dépêche de Kabylie: Vous êtes à votre deuxième année à la tête de l’APC d’Afir, quels sont les grands axes de votre programme ?
Sofiane Oumellal:
À notre arrivée, nous avons tracé un objectif simple et clair, consistant en la prise en charge les doléances urgentes des citoyens. Nous avons lancé plusieurs opérations de réalisation de réseaux AEP, car la région souffrait du problème d’eau depuis l’indépendance. Grâce à ces opérations, la problématique de l’eau a été réglée à 70 % et a touché la quasi-totalité des villages. Nous avions diagnostiqué les causes des pénuries au niveau des conduites, car elles avaient été réalisées depuis de longues années et ne pouvaient plus suivre la croissance constante de la population.

Actuellement, nous avons comme objectif de renforcer l’AEP à partir de Taksebt, dont les travaux étaient à l’arrêt, et depuis la station de dessalement de Cap Djinet. Celle-ci pompe près de 2 000 m3 d’eau, mais nous avons estimé que pour mettre un terme à la crise d’eau potable, nous aurons besoin de près de 8 000 m3 d’eau. Mais cela ne peut se faire à l’état actuel des choses. Je vous informe que notre région aura sa part d’eau potable à partir de la nouvelle station de dessalement de l’eau de mer qui sera lancée à Tigzirt.

La deuxième doléance était de couvrir toute la région en réseaux d’assainissement. Il y a certains villages qui ne sont pas assainis et les villageois continuent à utiliser des fosses septiques qui sont dangereuses pour la santé publique. On a réalisé à titre d’exemple le réseau de Maafa sur 800 mètres avec un montant de 4 millions. Beaucoup reste à faire dans ce volet et l’APC n’a pas suffisamment de moyens financiers pour éradiquer les fosses septiques. Nous sollicitons les pouvoirs publics pour nous aider à venir à bout de ce problème. Nous avons aussi pensé à améliorer les conditions de scolarisation de nos enfants. Afir a 9 écoles primaires. Certaines n’avaient pas de cantines scolaires à notre arrivée. Mais nous avons pu assurer un repas chaud à tous les élèves des écoles primaires de la région. Nous avons acquis trois chalets en préfabriqué qui ont été transformés en cantines scolaires au niveau des établissements des villages Abada, Oued Oubay et Ivehlal.

Nous avons, par ailleurs, acquis des équipements pour les cantines scolaires existantes à raison d’1 million de DA. Il y a également des carences concernant le ramassage scolaire. Nous avons acquis 5 bus et dégagé un montant de 400 millions pour la réparation et la réhabilitation des bus en panne. Mais cela n’a pas permis de mettre un terme au calvaire des écoliers. Donc, nous avons signé des conventions avec cinq privés pour transporter les écoliers. Côté infrastructures, la plupart des écoles sont à réhabiliter. L’APC n’a pas les moyens financiers pour le faire. Par exemple, pour repeindre l’école Mohend Achour, il a fallu signer une convention avec le CFPA qui a envoyé des stagiaires pour le faire. D’une pierre deux coups : d’une part les stagiaires apprennent et de l’autre les travaux de peinture sont réalisés à moindre coût.

Quels grands dossiers avez-vous dû gérer la première année de votre mandat ?
Nous avons eu un grand problème de cadastre concernant des terrains de propriétaires particuliers qui avaient d’ailleurs mené plusieurs actions de protestation par le passé.

Les services du cadastre n’ont pas respecté les lois en vigueur, notamment l’article 76-62. Nous avons recensé des centaines de milliers d’erreurs de cadastrage sur des terrains de villageois commises durant les années 2013 et 2014. Ces erreurs ont fait que plusieurs propriétaires terriens ont recouru aux tribunaux pour résoudre leurs conflits, en vain. Au total, quinze sections ont été recensées et, dans chacune d’entre elles, on trouve plus de 400 erreurs. Nous avons écrit à la direction générale du Cadastre et à l’APN via nos députés et nous avons pu rencontrer l’ex-président de l’assemblée, M. Bouhadja, qui n’a pas aménagé d’efforts pour résoudre cet épineux problème.

Actuellement, huit sections ont été remises alors que les sept autres sont toujours en phase d’études et d’évaluation au niveau de la direction générale du Cadastre.
Propos recueillis par Youcef Z.