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Bouira - En prévision de la grève générale

Ruée vers les denrées alimentaires

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Hier matin, après l’annonce de la grève générale prévue cette semaine, de nombreux citoyens, des pères de famille, notamment, se sont rués sur les magasins d’alimentation générale et autres superettes pour s’approvisionner en denrées alimentaires diverses. Des scènes enregistrées aux quatre coins de la wilaya, où certains avaient achetés des sacs de semoule, d’autres des fardeaux d’eau minérale, des sacs de sucre, du lait en poudre, de l’huile…

Il en était de même aux marchés hebdomadaire et couvert, où les étals se sont rapidement vidés avec une razzia sur la pomme de terre, les oignons et autres légumes. «La tomate qui coûtait 50 DA avant-hier est passée à 80 DA, c’est pareil pour la courgette et la salade. Je ne comprends pas pourquoi les prix ont soudainement augmenté. On ne va pas conserver la salade et la tomate comme un sac de semoule !», s’est indigné un père de famille, effrayé par les tarifs pratiqués. Les fruits aussi ont été achetés avec une rare frénésie, malgré leur cherté. Les bouchers et les volaillers ont, pour leur part, connu un rush sans précédent.

Quant au prix de la viande, au marché couvert, il n’avait pas baissé contrairement à celui pratiqué au marché hebdomadaire, où la viande bovine était cédée à l’unanimité par les bouchers à 900 DA. Le prix du kilo de poulet par contre variait entre 200 et 240 DA. «Nous avons eu peur pour la viande qui ne pourra pas rester une semaine dans nos présentoirs, si nos échoppes seront fermées.

C’est pour cela que nous avons décidé de la vendre au prix de revient», a déclaré un boucher. Par ailleurs, il faut noter que les stations-service n’étaient pas en reste. Sur place, des chaînes immenses se sont formées dès les premières heures de la matinée. Les bonbonnes de gaz étaient également très recherchées par les Bouiris et rares étaient les dépôts à pouvoir en fournir.

Pour de nombreux citoyens interrogés, il s’agit de précautions prises «au cas où». Mais pour les autres, la priorité était de retirer de l’argent aux bureaux de poste pris, eux aussi, d’assaut. D’ailleurs, les queues formées devant les DAB et les bureaux de poste renseignaient amplement sur l’agitation ambiante.

Hafidh B.