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Tifaou et Hellil ferment la RN25

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Les actions de protestations se poursuivent et se ressemblent dans la commune d’Aït Yahia Moussa.

La semaine dernière, c’étaient les habitants de Tachtiouine qui avaient fermé la Station de refoulement (SR2) de leur village, afin de réclamer leur part d’eau. Hier, ce fut au tour des villageois de Tifaou et de Hellil de bloquer la RN 25, située entre le chef-lieu communal et Tizi-Ouzou. En effet, ils étaient des dizaines de protestataires, assis sur la chaussée en plein centre-ville, en dépit d’une chaleur torride et d’un taux élevé d’humidité. «On ne laissera passer personne sauf une urgence ou une ambulance transportant un malade. C’est la consigne qu’on a reçue», expliquera un jeune homme chargé de contrôler les véhicules. Tous les allers et venus sont contrôlés par les vigiles de ce mouvement, d’autant plus que c’était un jour de marché hebdomadaire. Ali Ouilem, porte-parole du Collectif des deux villages énumère les revendications des contestataires : «On souffre de tous les manques, ni route, ni assainissement, ni eau potable, ni électricité, ni structures de jeunes, et la liste est longue.»

Et le représentant des protestataires d’expliquer : «Notre mouvement a commencé le 19 mars 2017. On a mené deux actions durant cinq jours, en fermant le siège de l’APC et la RN 25. Suite à la réunion avec tous les responsables, on a eu des projets de développement, notamment la route et l’assainissement.» Ouilem évoque, en premier lieu, le problème de la route : «L’entreprise est venue et a réalisé quelques ouvrages puis elle est repartie. Durant l’hiver dernier, ces ouvrages et le gravier 0/40 quarante ont été endommagés par les pluies. L’entreprise a alors refusé de reprendre les travaux sous prétexte qu’elle avait déjà perdu de l’argent. Suite à notre réunion avec le wali et la DTP, une enveloppe de 700 millions de centimes lui a été accordée. Les travaux ont alors repris mais ils n’ont pas été réalisés dans les normes. C’est le retour à la case départ.»

Le porte-parole des citoyens protestataires ajoute : «Une enveloppe de 400 millions a été encore accordée dernièrement à ce projet, mais nous ne voyons pas l’entreprise arriver sur les lieux avec les moyens nécessaires.» En ce qui concerne les autres intervenants, ils sont revenus sur d’autres revendications. Il s’agit surtout du réseau d’assainissement, du raccordement de plus d’une soixantaine de foyers au réseau électrique et, bien sûr, de l’éternel problème de l’eau potable. «Nos concitoyens vivent encore dans le noir, alors que d’autres vivent toujours sous le même toit que leurs parents. Pourtant, ils sont mariés et ils ont construit des habitations dans le cadre de l’habitat rural. Malheureusement, ils n’ont pas d’électricité. Pourtant, on nous a dit que l’argent du projet était disponible. Est-ce encore une autre fausse promesse ?», s’interroge un autre intervenant.

Et un autre de lui emboîter le pas, sur un air coléreux : «On en a marre de toutes ces promesses. En tout cas, on est tous d’accord sur le fait de ne pas libérer la route, si on ne voit pas l’entreprise lancer les travaux de cette route de plus de 6 km comme il se doit, avec les engins et le personnel suffisant. Aussi, personne n’a oublié les deux enfants morts à cause des eaux usées qui débordaient d’une fosse septique. C’est pour vous dire que le réseau d’assainissement est une autre urgence.» D’autre part, nos interlocuteurs rappellent que le problème d’eau n’est pas résolu dans les villages du versant Ouest, au chef-lieu communal. «De Tachtiouine jusqu’à nos villages, en passant par Aït Atella, Aït Rahmoune, Afir et les autres villages, on vit une crise aiguë d’eau potable. D’ailleurs, ce sera l’objet de la réunion des Comités de village concernés par ce manque et des actions à mener», conclut un dernier intervenant. A signaler que les protestataires refusent toute réunion avec les autorités parce qu’ils ont peur d’être bernés par d’autres promesses.

Les explications du maire

«Dès le début de cette action, j’ai tenté de leur expliquer la situation. Ils ont refusé de m’adresser la parole», répond Rabah Hamitouche, en sa qualité de maire. Et de poursuivre : «Pas plus loin qu’avant-hier, je me suis adressé directement à l’entrepreneur afin qu’elle renforce ses moyens matériels et humains parce que le revêtement avec le gravier 0/40 n’avance pas. D’ailleurs, telle est l’exigence des citoyens de ces deux villages parce qu’ils ont peur que l’hiver arrive sans que le bitumage soit fait.»
Amar Ouramdane