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AFIR - Vigne, côte paradisiaque,…

Une municipalité aux potentialités contrariées

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Afir, avant son rattachement, lors du dernier découpage, à la daïra de Dellys et donc à la wilaya de Boumerdès, était une commune de la wilaya de Tizi-Ouzou.

Frontalière de cette dernière elle, est à mi-chemin entre Dellys et Tigzirt. Elle compte une quinzaine de villages entre autres Amadhi au sud, Zaouïa, au nord et Thissira, Abada à l’est.

La commune est connue par sa vigne, l’une des meilleures en Afrique du Nord, elle est connue aussi pour ses plages paradisiaques et sauvages, lehssar, thimezoueghth, les salines… En dépit des insuffisances multiples dont souffre la commune d’Afir, à l’extrême Est de Boumerdès, le nouveau staff communal conduit par le plus jeune P/APC d’Algérie, Sofiane Oumelal, d’obédience RCD, a pu redresser la barre et remettre la roue du développement sur les rails. Il n’est certainement pas aisé de gérer une commune de plus de 17 000 habitants disséminés sur une trentaine de villages et qui survit uniquement grâce aux aides de l’Etat.

Afir, une région agricole et touristique par excellence, selon son premier responsable, fait partie des communes les plus pauvres de la région. Elle ne bénéficie pas d’un budget conséquent qui lui permettrait de répondre favorablement à toutes les attentes de la population, confie le maire. «Notre budget primitif (BP) ne dépasse pas les 6 milliards et le budget supplémentaire n’atteint pas les 5 milliards», a déclaré le P/APC, dernièrement, lors de la présentation du bilan annuel devant les citoyens de la commune.

La plus grande partie des budgets est destinée au fonctionnement et aux salaires des employés de la mairie notamment. Près de 10 % sont versés pour l’équipement. «On n’arrive que difficilement à gérer les affaires de la commune, tant les ressources et les recettes manquent. Nous avons demandé au wali de nous aider à créer une zone d’activité et de dépôts. Il nous a promis de nous faciliter la tâche, notamment auprès de la direction des Mines. Mais il faut un peu de temps pour lancer cette zone et les investissements», explique encore le maire. Le foncier industriel étant géré par l’administration locale, l’élu dit n’avoir pas les prérogatives pour décider de l’avenir de sa commune en ce qui concerne l’investissement. Par ailleurs, l’édile affirme que l’étude de la zone d’extension touristique qui s’étend sur 9 km a été approuvée par le ministère du Tourisme et de l’Artisanat. Un cahier de charges est en cours d’élaboration au niveau de la direction du Tourisme pour lancer les études et les travaux de viabilisation et la répartition des lots à attribuer aux potentiels investisseurs. Il fait part néanmoins de lenteurs et de contraintes qui pourraient freiner le développement du tourisme, dues notamment au site des chalets et à l’exploitation des terres agricoles à l’intérieur de ces zones touristiques. «Nous avons même proposé la création d’une forêt récréative à Mizrana et nous avons eu des propositions d’investisseurs privés qui veulent installer des parcs d’attractions et d’animaux dans la région. Notre commune recèle des potentialités pour développer le tourisme de montagne, le tourisme religieux et le tourisme culturel, notamment après la découverte de sites rupestres au niveau de la région Marcone remontant à l’époque berbère», assure encore le maire.

Les côtes de la région ont été longtemps abandonnées et non viabilisées. L’APC a lancé des aménagements au niveau de la plage «Les Salines» qui n’avait même pas d’accès. L’opération a coûté 3 millions de DA et d’autres aménagements viendront une fois le plan d’aménagement des zones touristiques finalisé. La commune a même remporté le 3e Prix du concours de la meilleure plage, organisé par la wilaya. Une récompense de 3 millions de DA a été octroyée à l’APC.

En termes de projets, la commune vient de bénéficier de 13 opérations d’équipements dans le cadre des PCD et de 4 autres qui seront financées par le FCCL. Elles toucheront en particulier des programmes d’électrification rurale à Zaouia notamment. Le P/APC dénonce «un déséquilibre» dans la répartition des budgets. «On ne doit pas considérer sur un pied d’égalité une région riche et une autre pauvre», clame-t-il. «Nous n’avons même pas trouvé de véhicule de service à notre arrivée à la tête de l’APC», dira le jeune maire à l’adresse de ses concitoyens. Et d’ajouter : «On se déplaçait dans le bus du ramassage scolaire et nous étions contraints de revenir tôt pour permettre aux élèves de rentrer chez eux avant la tombée de la nuit». Le maire soulignera : «Malgré ces carences, nous avons tant bien que mal assuré notre mission au service des citoyens».

En effet, plusieurs projets ont été lancés malgré l’insuffisance budgétaire et plusieurs problèmes auxquels faisait face la population ont été réglés. En matière d’eau potable, le staff communal a tracé l’objectif d’un été sans pénuries. Plusieurs opérations ont été lancées d’ailleurs dans plusieurs villages, notamment l’achèvement des travaux de réalisation d’une conduite reliant le réservoir d’Afir à celui d’Ighil El Kdoun pour le renforcement de l’AEP des villages du versant Nord-ouest de la commune, d’un montant avoisinant les 17 millions de DA.

Le village Lahsar a été raccordé au réseau d’eau potable et cette opération a touché le village Ben Dahdah. Une opération n’ayant pas dépassé les 400 000 DA a permis aux villageois, privés d’eau durant quatre ans, d’être enfin raccordés. Les villages Laaziv, Tanaghrit, Tadjnant et Talayache ont également été raccordés au réseau d’alimentation qui a été renforcé.

En matière d’assainissement, la quasi-totalité des villages ne sont pas raccordés au réseau. Un projet a été inscrit et sera réalisé courant cette année. Un montant de 11 millions DA a été débloqué pour réaliser les travaux de raccordement aux réseaux des eaux usées des villages Maafa et Tilzazine, sur une distance de 2,7 km. D’autres projets ont touché les villages Talayache, Laazi, Ikoufane et Amaadi. En termes d’axes routiers, l’APC a réalisé plusieurs pistes à Mechouka, Ivahlal et Tala Arous, avec un montant ne dépassant pas les 9,7 millions de DA. La route reliant la RN71 à Ighil El Kidoun a également été revêtue. L’APC a lancé des opérations d’aménagement urbain et d’embellissement du centre-ville du chef-lieu. Une enveloppe de 15 millions de DA a été débloquée pour achever les deux projets et un autre qui touchera le lotissement Zaouia.
Youcef Z.