Des femmes syndicalistes de Béjaïa, regroupées au sein du «Collectif des femmes plurielles», entendent faire de la Journée internationale des droits des femmes une occasion de mobilisation pour la citoyenneté, l’égalité des sexes, la justice sociale et l’autonomie des femmes.
Dans une déclaration diffusée, avant-hier, celles-ci lancent un appel à la société civile, hommes et femmes, de tous les âges, de toutes les identités, de toutes les localités de la wilaya, à participer à une marche, samedi 9 mars, qui s’ébranlera, à 10h, de la place Gueydon jusqu’à la placette de la liberté d’expression Saïd Mekbel.
«La rue est notre espace pour rompre le silence, dire et réclamer notre existence entière, dénoncer, revendiquer, résister vivre et exister dignement. Le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, journée de lutte pacifique, de révoltes douces, de cri de liberté. Faisons de cette journée, une journée de marche», écrit le Collectif dans son document, soulignant que «le combat de la femme passe par la mobilisation de toutes les femmes éprises de leur liberté, de leur dignité».
Plus loin, les rédactrices de la déclaration soutiennent : «Nous, femmes syndicalistes de Béjaïa, femmes plurielles et femmes citoyennes, nous nous rassemblons, nous nous unissons, nous fédérons nos volontés et nos énergies saines pour poursuivre le combat des premières militantes pour la Liberté», estimant que l’émancipation de la femme est avant tout une émancipation humaine, universelle et existentielle.
«C’est un combat qui s’inscrit dans la lutte collective d’affranchissement de toutes les formes d’oppression, de domination et d’asservissement», souligne-t-on encore. Résumant le quotidien des femmes algériennes, les signataires du document dénoncent : «Elles sont mises dans des positions de vulnérabilité, de précarité, de fragilité, d’instabilité, d’insécurité et de domination de tout bord.
Et tant qu’elles ne sont pas libres, tant qu’elles sont réprimées dans leur existence, tant qu’elles sont confinées dans la sous-citoyenneté, nous dénonçons leur condition, nous luttons et nous marchons pour la libérer de toutes les chaînes, de toutes les répressions. Les femmes sont les premières victimes des crises et de toutes les convulsions qui secouent le pays.
Nous dénonçons le contexte politique actuel, délétère et inquiétant, marqué par une crise multidimensionnelle : économique, idéologique, sociale, et politique, et qui vise à nous priver de l’exercice des droits et libertés fondamentales. Nous dénonçons l’oppression patriarcale et les traditions archaïques qui nous bâillonnent jusqu’au déni de notre citoyenneté.
Nous dénonçons l’islamisme forcené qui gangrène l’école et la société, la prégnance de la misogynie, le sexisme, le poids des codes sociétaux, les violences de toutes les formes, les violences machistes et la domination de la pensée idéologique, régressive, despotique et attachée aux valeurs vénales.
Nous dénonçons la culture de la haine et du viol, du rejet et du paternalisme, nous dénonçons l’indifférence et la complicité des institutions, des pouvoirs publics et de la justice, gangrenés par l’esprit patriarcal qui sévit face aux victimes des harcèlements et des violences. Nous dénonçons le Code de la famille qui alimente les clivages et qui maintient les femmes dans la soumission, sous le joug du tutorat et dans le rang du sexe faible.
Des mentalités, des attitudes, des pratiques et des réflexes persistent et se conjuguent au quotidien et au masculin. On continue à se liguer contre la femme pour en faire toujours un être de seconde zone».
F. A. B.

