Le centre-ville de Kherrata a été pris d’assaut, avant-hier encore, par plusieurs centaines de manifestants, qui ont battu le pavé dans les principales artères de la ville historique du 8 Mai 1945.
Ils ont exprimé haut et fort leur rejet de l’élection présidentielle projetée par le Gouvernement Bedoui pour le 12 décembre prochain. Venus des quatre coins de la daïra de Kherrata mais aussi des communes avoisinantes, les manifestants ont scandé sans cesse le fameux slogan « Ulac l’vot ulac ».
Décidément, rien n’est en mesure de stopper leur détermination à manifester jusqu’à l’aboutissement des revendications de la « Révolution du sourire », entamée au mois de février dernier.
« Rien ne pourra nous arrêter. Nous marcherons jusqu’à la satisfaction de nos revendications, qui ne sont autres que le départ des symboles de l’actuel régime et l’instauration d’un État de droit », a clamé un manifestant.
La marche d’avant-hier était également une occasion pour les marcheurs de réitérer leur appel à la libération de tous les détenus politiques et d’opinion.
« Nous exigeons la libération inconditionnelle des détenus politiques et d’opinion, incarcérés injustement », dira l’un d’eux. A noter que deux frères, administrateurs de la page Facebook « Kherrata soit l’observateur », ont été condamnés, jeudi dernier, par le tribunal de Kherrata à une amende de trois millions de centimes pour incitation « à un rassemblement non armé ».
Ils ont été poursuivis pour une publication postée sur cette même page, appelant au rassemblement du 16 février qui a eu lieu à Kherrata, contre le 5e mandat de Bouteflika, et ce sur la base des articles 96 et 100 du Code pénal. Le parquet avait, pour rappel, requis une peine de six mois de prison ferme et 100 000 DA d’amende à leur encontre.
B. S.

