Quand les chercheurs par désespoir cèdent au charlatanisme

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Les recherches sur les berges de l’oued D’hous n’ont pas cessé pour retrouver le corps du pompier tragiquement emporté par les eaux dans un canal d’évacuation des eaux pluviales depuis le 24 janvier dernier.

La soirée du mercredi aura toutefois marqué une fois de plus les esprits avec la décision d’un… sourcier, soi-disant radiesthésiste d’entamer les recherches en creusant le bitume à l’aide d’une pelleteuse mécanique sur une profondeur de plus de 5m à proximité du stade Bourouba. Un site se trouvant à mi-chemin entre l’endroit où a chuté la victime, et le déversoir des canalisations de la ville dans l’oued D’hous.

Le charlatan avait arpenté les différentes zones de recherche au cours de la journée avec des baguettes de sourcier en se donnant en spectacle et surtout en suscitant la curiosité de la foule.

Il jettera son dévolu sur le site en annonçant que le corps du pompier était enseveli à l’endroit où les baguettes en cuivre s’étaient agitées.

Aussitôt à l’annonce de la nouvelle, des milliers de curieux se sont rendu sur le site et c’est sous les encouragements de la foule que les premiers coups de pelle ont été donnés sur le bitume. Rapidement, un cratère béant s’est formé en menaçant sérieusement l’attroupement populaire qui s’était formé tout autour. «Si vous creusez ici, vous trouverez le corps de la victime.

Si ce n’est pas le cas, enterrez-moi sur place !», avait indiqué le charlatan pour convaincre les plus crédules. Et ils étaient nombreux à y croire, par désespoir de cause ou par conviction. Et aux alentours de 23h, la réalité a vite repris le dessus en s’apercevant que le cheikh de M’sila les avait menés en bateau toute la soirée.

Même les forces de l’ordre n’ont pu dissuader la foule de ne pas creuser le bitume et de rentrer chez eux. Les pompiers, avaient même dénoncé, sur leur page Facebook, le caractère charlatanesque de la situation.

«Les pompiers travaillent sur des bases scientifiques, des explorations sur des principes hydrauliques et des relevés topographiques, mais des charlatans profitent de l’occasion pour semer le doute et la pagaille», avaient-ils posté sur leur page Facebook.

Il faut dire que les éléments de la Protection Civile n’ont pas voulu cautionner cette démarche farfelue et dangereuse pour laquelle même les autorités et les services de sécurité ont du la “tolérer”. Une tolérance hasardeuse et surtout hautement risquée qui démontre que le charlatanisme a encore de beaux jours devant la crédulité populaire.

H. B.

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