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Le trio infernal

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n Par Samia A. B.

Même s’il est rare que les infections que connaissent les enfants vivant en collectivité sont le plus souvent bénignes, il est plus sûr de prendre les dispositions qu’il faut pour éviter toute contagion.

Ceci dit, une éviction n’est justifiée que par l’apparition de certains symptômes, telle la fièvre. Cette dernière attestant incontestablement de la présence d’une infection qui gênerait l’enfant dans l’accomplissement de ses activités scolaires et qui demanderait un effort supplémentaire au personnel de l’établissement. L’absence de fièvre peut, par contre, constituer l’exception. Pour les mamans actives, il est difficile de faire autrement que d’envoyer leurs enfants à l’école quels que soient les symptômes qu’ils présentent. Il est, en effet, difficile de voir venir les bobos de nos bout de chou. Et certains employeurs n’hésitent pas à sanctionner les absences même justifiées des mamans. L’indulgence n’étant pas au rendez-vous, les établissements sont contraints de recevoir des enfants malades, au risque de propager l’infection.

Certains établissements trouvent des solutions intermédiaires. Recevoir les enfants malades mais les éloigner au maximum du reste de la collectivité. C’est la solution qu’a adoptée M.H, gérante d’un établissement de garde d’enfants, incluant une pouponnière. « Je ne peux pas refuser tous les enfants qui présentent des infections. Au fait, je le fais rarement. Sinon, je reçois l’enfant et essaie de l’éloigner des autres enfants. C’est pénalisant un peu pour l’enfant même si je fais tout pour qu’il se sente bien. Je lui réserve une nounou et ne lui demande aucun autre effort que celui de jouer, quelle que soit la section où il est inscrit. Quand ils sont plusieurs à être malades, c’est plus gérable. Ils se sentent moins seuls et moins malheureux ! Les rares fois où je ne reçois pas les enfants malades, c’est quand il s’agit de cas de maladies infantiles, très contagieuses pour la plupart. Je ne peux pas me permettre de laisser se propager une rougeole ou toute autre maladie infantile dans mon établissement. Si cela arrive chez mes consœurs, le risque est moindre chez moi, étant donné que j’ai fait partie du corps médical que je me sois occupé d’enfants, durant une bonne partie de ma carrière. Je peux, donc, détecter les maladies dès l’apparition de leurs premiers symptômes », nous explique M.H, gérante d’un établissement de garde d’enfants en ville. Comme le risque de contagion de certaines maladies dépend de l’enfant et de son statut immunitaire, c’est-à-dire du respect des rendez-vous de vaccination et même de leurs antécédents, le règlement oblige les crèches et autres pouponnières à s’enquérir de toutes ces informations et à exiger des parents une copie du carnet de santé des enfants. Cette « obligation » est utilisée à bon escient dans certains établissements mais reste une formalité pour d’autres.

Le carnet de santé, avec sa mise à jour, renseigne les responsables des crèches sur les antécédents pathologiques des enfants et de leurs prédispositions à contracter certaines infections, notamment celles qui ne surviennent qu’une fois dans l’existence de l’individu parmi les maladies infantiles. Quelles sont, donc, ces maladies qui présentent autant de contraintes pour l’enfant, ses parents et même leurs nounous ?! Les maladies infantiles sont multiples et présentent des symptômes souvent similaires, avec apparition de boutons, de plaques, de toux, de rougeurs et de fièvre. Les maladies infantiles sont souvent des maladies contagieuses, infectieuses d’origine virale et rarement bactérienne, selon la définition du dictionnaire de la santé.

Les maladies infantiles peuvent être très contagieuses, notamment en cas de vie en collectivité. Les enfants, même entre frères et sœurs, jouent avec leurs pieds, mettent tout en bouche, sucent leurs mains, donc se transmettent directement. Le contact direct est la première raison de transmission des maladies infantiles. Elles sont observées chez l’enfant entre 3 et 12 ans mais peuvent survenir bien avant, notamment quand l’un des frères ou sœurs de l’enfant est touché ou ceux qui fréquentent les crèches ou qui sont gardés par des nourrices indépendantes. D’ailleurs celles-ci, contrairement en outre-mer où elles sont soumises à une réglementation souvent très stricte, reste incontrôlables chez nous où elles exercent sans la moindre autorisation des services des actions sociales. Sans contrôle, notamment médical, leurs domiciles peuvent, de ce fait, constituer un nid douillet à toute infection et un bon hôte à tous les virus. Leur niveau d’instruction étant dans la plupart du temps limité, elles sont loin de pouvoir détecter les symptômes d’une quelconque infection ni y faire face. Les maladies, peuvent, donc, être transmises du plus petit au plus grand. Même si ces infections sont dans la plupart des cas bénignes, leur transmission peut dans certains cas être très dangereuse et préjudiciable à certains sujets. C’est le cas de la rubéole si elle est transmise à une femme enceinte ou la transmission des oreillons après la puberté. Dans ce dernier cas, le risque de stérilité est très important. Il existe, donc, deux sortes de maladies infantiles : Les éruptives et les non-éruptives.

Dans les maladies éruptives, c’est-à-dire les maladies infantiles avec apparition de petits boutons ou plaques, on peut citer la rubéole, la roséole, la varicelle, la rougeole et la scarlatine. Dans les maladies non-éruptives, nous pouvons évoquer les oreillons, la coqueluche et la pulmo-infection tuberculeuse. Ces maladies ne sont graves et préjudiciables que si l’enfant n’est pas immédiatement pris en charge et soigné. Il est impératif de consulter un médecin. Certains parents jugent bon d’utiliser le même traitement prescrit pour le frère ou la sœur présentant les mêmes symptômes pour un autre de leurs enfants. L’automédication n’est pas permise en cas de maladies infantiles qui peuvent prendre des formes très dangereuses. « Je reçois des enfants qui souffrent outre mesure parce que leurs parents aiment bien se substituer aux médecins. Je me demande ce qui les empêche à consulter. Si les raisons sont financières, ils n’ont qu’à consulter dans les services publics. Il existe un service pédiatrie dans tous les établissements publics. Non. Ils préfèrent décider que telle ou telle maladie n’est pas grave et administrent souvent seuls des traitements qui ne conviennent pas à leurs enfants. D’ailleurs souvent, ils font l’amalgame entre les maladies, certaines présentant les mêmes symptômes, notamment dans les maladies qui présentent des éruptions cutanées. Je conseille les parents de prendre au sérieux la santé de leurs enfants et de ne jamais utiliser l’automédication, surtout en cas de maladies infantiles qui ne requièrent pas toutes le même traitement ni les mêmes soins. Il est toujours nécessaire de consulter un médecin même si les parents ont tendance à simplifier les problèmes de leurs enfants. Ce n’est qu’une rougeole, me disent certains parents. Oui, si la rougeole est une maladie plus contraignante que dangeureuse, il n’est pas à négliger les complications qu’elle peut présenter chez certains enfants, notamment en cas de forte fièvre. La rougeole est souvent accompagnée d’une très forte fièvre qui nécessite une virée aux urgences. Il n’est, donc, pas recommandé de négliger ces maladies », nous explique Dr H.B, pédiatre. Notre interlocutrice attire notre attention sur l’ignorance de certains parents quant au comportement à avoir avec les enfants touchés, notamment pour éviter la contagion et une transmission importante. La plupart des maladies infantiles sont très contagieuses, d’après elle. L’air qu’on respire peut être contagieux. En effet, ces maladies peuvent se transmettre par les gouttelettes de salive microscopiques projetées dans l’air par une personne infectée. Ces dernières peuvent contaminer les objets, les aliments, donc, les mains d’autres enfants. Il est souvent nécessaire de prendre des mesures particulières pour limiter l’éparpillement de ces maladies. Notre interlocutrice insiste sur la première mesure à prendre en cas de contagion. Il faut impérativement consulter un médecin. Un diagnostic précoce permettra au médecin de prescrire rapidement le traitement adéquat à l’infection. Il est également nécessaire de prendre toutes les mesures sanitaires qu’il faut pour que l’enfant ne contamine pas son entourage ou ses camarades en collectivité s’il fréquente une crèche ou va déjà à l’école. Pour éviter la propagation des maladies contagieuses à l’école et dans les autres collectivités, l’isolement de l’enfant malade est plus d’indiqué. Il est même obligatoire.

Les enfants sont généralement contagieux trois ou quatre jours avant les premiers symptômes et trois à sept jours après leur apparition. Notre interlocutrice nous dit que c’est au médecin d’imposer le maintien au domicile des enfants présentant des symptômes de maladies infantiles. Les écoles doivent également refuser d’accueillir les enfants contagieux. Seulement, souvent la réalité est toute autre. Les parents ne prennent d’ailleurs même pas la peine d’informer leur entourage de la maladie de leurs enfants alors qu’il est obligatoire de le faire. En cas de maladie contagieuse, les parents sont tenus d’informer rapidement les responsables de collectivité telles les crèches et les écoles ainsi que l’entourage familial et amical de l’enfant et le voisinage. Mais avant toute autre chose, il est impératif d’inculquer à l’enfant les moindres règles d’hygiène, d’ailleurs même hors infection. Les règles d’hygiène de base que l’on doit déjà appliquer soi-même au quotidien sont encore plus que nécessaires lorsqu’un enfant est atteint d’une maladie contagieuse. Il est impérieux d’apprendre à son enfant de se laver les mains avant de manger et en sortant des toilettes, de mettre sa main devant sa bouche lorsqu’il tousse, de ne jamais prêter son verre ou ses couverts, notamment en crèche, d’utiliser des mouchoirs jetables et d’apprendre à les jeter juste après utilisation et de ne pas embrasser les autres personnes et éviter de toucher les autres enfants lorsqu’il est contagieux. Les parents doivent veiller à ce que ces règles soient appliquées et en donner l’exemple. Une fois toutes ces précautions prises et appliquées, c’est au médecin de faire en sorte de protéger l’entourage de l’enfant, notamment en prescrivant des traitements préventifs aux frères et sœurs. Dans certains cas particuliers, notamment en cas de coqueluche ou méningites, à titre d’exemple, le médecin peut prescrire un traitement préventif aux personnes qui ont été en contact avec l’enfant malade. Cette mesure est importante pour les personnes de l’entourage qui présentent un risque de développer des complications, comme les femmes enceintes, les adultes non vaccinés ou les personnes qui souffrent de déficit immunitaire. Ces traitements peuvent consister en l’administration d’un vaccin, d’antibiotiques ou d’immunoglobulines. Ce sont des anticorps contre la maladie. Même si la varicelle et la rougeole sont les maladies infantiles les plus connues, il en existe encore d’autres. On ne vient à bout de certaines qu’à l’aide de vaccins. La plupart des maladies infantiles surviennent une seule fois car le corps développe ensuite des anticorps pour les combattre. Parmi les maladies infantiles les plus courantes, nous pouvons citer les oreillons.

C’est une infection contagieuse due à un virus, touchant le plus souvent les enfants âgés entre six et dix ans. On reconnait les oreillons en cas de perte d’appétit de l’enfant et de ses plaintes insistantes de douleurs lors de la mastication. Des maux de tête et de ventre peuvent accompagner l’infection qui entraîne souvent une légère fièvre. Suite à ces symptômes, un ou deux jours en général, les glandes parotides gonflent d’un ou des deux côtés. Il faut faire preuve de grande vigilance si l’enfant a de nouveau de la fièvre après le début de la maladie ou s’il commence à vomir. Une inflammation des testicules peut apparaître chez les garçons après la puberté et chez les adultes. Cette infection est contagieuse à partir de six jours avant à neuf jours après le gonflement. La durée de contamination est, donc, très importante. Si les oreillons sont d’origine virale, la coqueluche est, quant à elle, une maladie infantile d’origine bactérienne. On la reconnait au nez qui coule, à la toux qu’elle entraîne et à la fièvre qui l’accompagne. Cette dernière peut être très légère chez certains sujets mais reste toutefois à surveiller. Au premier stade, on ne sait généralement pas qu’il s’agit de la coqueluche. Une ou deux semaines après le premier stade, des quintes de toux apparaissent, souvent le soir. Les quintes sont accompagnées d’un fort sentiment d’oppression, d’une respiration sifflante et parfois de nausées. La toux survient par brefs intervalles jusqu’à ce qu’une glaire blanche visqueuse soit crachée. L’âge de l’enfant détermine son degré de souffrance. Si l’enfant est très jeune, il est déjà difficile de comprendre les symptômes et de reconnaître l’infection.

Dans tous les cas, les parents doivent contenir leurs angoisses et rassurer l’enfant qui doit déjà paniquer. Les plaintes peuvent persister cinq ou six semaines, une toux coquelucheuse plus longtemps encore. Une inflammation pulmonaire peut survenir, les nourrissons peuvent également subir des lésions cérébrales par manque d’oxygène lors d’une quinte de toux. D’où une grande vigilance en cas d’infection dans l’entourage d’un enfant car le risque de contamination débute dès l’apparition des premiers signes de rhume jusqu’à trois semaines après le début des quintes de toux. En lisant cela, bien des parents seront tentés d’enfermer leurs enfants jusqu’à leur puberté ! D’origine bactérienne également, la scarlatine touche particulièrement les jeunes enfants.

Elle s’accompagne de fièvre. Cette dernière connaît souvent un pic aussi rapide qu’important. L’infection s’accompagne de mal de gorge aigu, de mal de tête et de nausée. La langue se colore. Après deux jours, surviennent des éruptions sur le torse. Une sorte de chair de poule rouge qui survient également à l’aine et aux aisselles. Les amygdales sont généralement enflammées et des taches rouge foncé apparaissent sur le palais. Après une semaine, la fièvre tombe, les éruptions cutanées disparaissent et la langue redevient normale. Après quelque temps, les paumes et les plantes du pied peuvent peler. Cette maladie qui n’est pas très contagieuse reste toutefois transmissible dans certains cas. Elle reste facile à traiter par antibiotiques, étant donné qu’elle est d’origine bactérienne. On peut attraper cette maladie plus d’une fois. Ce n’est pas le cas de la rougeole, qui reste moins effrayante que la coqueluche et plus connue que la scarlatine. C’est une maladie infectieuse virale. Elle se propage par l’air. Elle est accompagnée d’une forte fièvre, d’une toux souvent douloureuse. Les yeux sont rouges et le nez coule dans la plupart des cas. Après deux jours, la fièvre chute quelque temps avant de remonter à nouveau avec l’apparition de taches rouges cerclées de blanc à l’intérieur de la joue. Des éruptions apparaissent derrière les oreilles et à la limite du cuir chevelu qui s’étendent ensuite sur tout le corps. Après trois à cinq jours, les éruptions cutanées disparaissent et la fièvre tombe.

Cette maladie est fortement contagieuse à partir des premiers signes de rhume jusqu’à cinq jours après l’apparition des taches. Aussi connue, la rubéole est une maladie virale, dangereuse pour les femmes enceintes car elle peut nuire à l’enfant. Les enfants qui la contractent ne sont pas gravement malades en général, mais ils peuvent avoir la gorge rouge. Après un jour, des taches rouges apparaissent sur le torse et s’étendent en quelques heures sur le reste du corps. Les taches disparaissent après quelques jours. La fièvre ne survient que rarement. Cette infection est, cependant, contagieuse de sept jours avant à sept jours après l’apparition des taches. Les femmes enceintes doivent être très vigilantes même si ce n’est pas facile quand c’est son propre enfant qui est malade. Moins dangereuse mais tout aussi contraignante, la « cinquième maladie » ou l’érythème infectieux est une maladie virale, souvent ignorée car méconnue par la plupart des parents. Elle touche principalement les enfants âgés de quatre à dix ans, la plupart du temps au printemps ou au début de l’été. La maladie est caractérisée par une éruption généralement de boutons rouge vif sur les joues. Ces éruptions s’étendent ensuite sur les fesses, le torse et les membres. La maladie s’accompagne la plupart du temps de fièvre.

Après sept à neuf jours, les taches disparaissent mais il arrive qu’elles réapparaissent à plusieurs reprises. Cette maladie n’est plus contagieuse dès l’apparition des éruptions. Ce n’est pas le cas de la varicelle qui reste contagieuse jusqu’à l’assèchement des vésicules, soit en général dix jours après son apparition. La varicelle est une maladie infectieuse virale qui touche principalement les enfants âgés de deux à sept ans. Elle peut être fatale aux enfants dont les résistances sont amoindries. Cette maladie débute par des taches qui se transforment en pustiles le deuxième jour. Après quelque temps, celles-ci s’assèchent et forment de petites croûtes qui tombent sans laisser de cicatrices. L’enfant peut être fiévreux et être victime de démangeaisons mais il n’est pas vraiment malade. En parlant des maladies infantiles, nous ne pouvons pas passer outre la roséole, appelée aussi « la sixième maladie ». Elle est causée par un virus et touche principalement les enfants âgés de six mois à trois ans. Elle est accompagnée d’une forte fièvre soudaine qui dure trois à cinq jours et qui tombe aussi vite qu’elle n’est apparue. Elle est aussi accompagnée d’éruption au niveau du torse et du visage. Les ganglions sont souvent gonflés dans le cou et au niveau de l’occiput. Impressionnante, cette maladie reste peu contagieuse. Mais la vigilance doit être de mise comme pour toutes les maladies infantiles. Le faux croup en fait partie. Si cette infection n’est pas connue, elle touche toutefois principalement les enfants âgés de 6 mois à 5 ans. Un virus en est l’origine. Elle s’accompagne en général d’une quinte de toux qui peuvent être tellement intense que l’enfant respire difficilement. La respiration devient respiration sifflante et l’enfant est pris d’une toux rauque et il peut être enroué. La fièvre est peu élevée ou inexistante. Il peut s’agir d’une quinte de toux unique ou qui se reproduit plusieurs soirs d’affilée. Un bain de vapeur peut soulager les quintes de toux. Le faux croup est une maladie contagieuse qu’il faut prendre au sérieux.

Ce tour d’horizon des maladies infantiles les plus courantes, étant fait, les parents doivent dorénavant voir d’un autre œil tout symptôme similaire à ceux énumérés plus haut. Ils se sont certainement rendus compte du fait que dans toute communauté d’enfants, les maladies contagieuses sont inévitables et cela malgré toutes les précautions prises. Ils ont aussi une grande part de responsabilité dans la prévention en milieux collectif. Leur contribution peut se limiter, et c’est déjà très important, dans le signalement de toute infection à l’établissement d’accueil de leurs enfants.

Comme il vaut mieux prévenir que guérir, il leur est demandé aussi d’accorder une attention particulière au calendrier de vaccination de leurs enfants, le vaccin étant le seul moyen de faire face à la plupart des maladies infantiles, d’origine virale ou bactérienne. L’enfant n’est protégé que si les parents assument leurs responsabilités, notamment à travers le respect des rendez-vous du calendrier vaccinal. Il est aussi nécessaire que les établissements sanitaires jouent efficacement leurs rôles informatifs quant à la nécessité de répéter ces rendez-vous. Ce qui n’est malheureusement pas le cas de pas mal de centres de santé. Nous sommes nombreux à constater des failles dans ce domaine. « J’ai assisté il y a 15 jours à une scène qui m’a dégoutée. Je suis partie faire vacciner mon fils de 19 mois. J’ai raté son vaccin de DTC Polio qu’il devait faire à ses dix mois, en raison d’une infection qu’il avait contracté quelques jours avant ce rendez-vous. J’ai dû attendre qu’il se rétablisse. Une fois sur pied, j’ai demandé à son pédiatre si je pouvais le faire vacciner et elle était d’accord. Je me présente, donc, au service vaccination d’un centre de santé en ville. Là, je me rends compte que la grève du personnel de la santé touche même le service vaccination et pédiatrie du centre. J’étais au courant de la grève mais je n’ai jamais imaginé qu’on refuse de vacciner un enfant. D’ailleurs, une infirmière a même refusé de répondre à mon bonjour sous prétexte qu’elle était en grève ! Je me suis, donc, résignée de reporter le vaccin de mon fils pour la semaine d’après, non sans avoir dit haut et fort ce que je pensais de cette personne. Une semaine après, donc, je me présente au même service. Le couloir était bondé de parents venant vacciner leurs enfants. la plupart ont été priés de se présenter à d’autres centres de vaccination ou revenir un autre jour, en raison d’une rupture d’approvisionnement. Il n’y avait pas assez de vaccins. Mon fils a, toutefois, eu droit au sien mais en sortant mon attention a été retenue par une maman qui explosait de rage. Elle vient d’être tout simplement « rembarrée » pour la énième fois par le personnel du service. Sa fille de 8 mois n’a pas encore été vaccinée contre le DTC et le HBV et n’a pas reçu son Polio oral. Ce qu’elle aurait dû faire, il y a trois mois, soit à l’âge de 5 mois. La maman nous a raconté qu’au niveau de sa localité on l’avait orientée au centre en question, et que sur place elle s’est faite envoyer au centre de sa localité. Et cela a duré 3 mois, sans que personne ne décide de faire un effort », nous raconte Samia, 34 ans.

Notre interlocutrice se dit déçue par certains services de vaccination qui doivent avoir un rôle d’accompagnement des mamans, notamment les plus jeunes et les plus inconscientes, pour ne pas dire ignorantes. Si on ne s’occupe même pas de conseiller une maman quant au comportement à avoir face à une fièvre suite à un vaccin, que reste-t-il de la mission de ces puéricultrices sensées avant toute chose contribuer au bien être de l’enfant ?

Samia A. B.