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MOUNIR DOB, entraîneur de l’Entente Sour El Ghozlane

«Il ne faut pas trop s’enflammer»

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Première avec un sans faute depuis l’entame du championnat, l’Entente Sour El Ghozlane est en phase de réaliser un bon parcours en championnat Inter régions, groupe Centre-ouest. L’entraîneur du club, Mounir Dob, ancien joueur du MC Alger et de la JS Kabylie, parle de cette bonne entame et des perspectives d’El Mokhtaria.

La Dépêche de Kabylie : Avec sept victoires et un nul lors des huit rencontres disputées, peut-on dire que l’ESG est bien partie pour l’accession ?
Mounir Dob : Je l’espère bien, je souhaite réaliser cette accession avec le club d’El Mokhtaria. Certes, nous avons fait un sans faute lors des huit premiers matches, mais le championnat est loin d’être terminé, donc il ne faut surtout pas s’enflammer, on doit rester sereins et concentrés car ce sera de plus en plus difficile.

La prestation de votre équipe laissait à désirer face à Boumedfaa. Que s’est-il passé ?
Effectivement, nous avons joué contre une très bonne équipe de Boumedfaa, qui était classée juste derrière nous et qui s’était déplacée à Sour el Ghozlane pour réaliser un bon résultat. Il faut savoir que nous nous sommes présentés amoindris par plusieurs éléments titulaires à cause de la blessure, notamment en attaque, il y avait un manque d’intensité en attaque.

Au milieu de terrain, mes joueurs ont pratiquement perdu tous les duels lors de la première mi-temps, où l’équipe adverse avait fermé tous les espaces et nous a même pressés un peu. À la pose, nous avons procédé à un changement tactique, la seconde mi-temps était plus intéressante, il y avait une bonne réaction des joueurs qui se sont montrés plus combatifs et engagés et cela a donné des fruits compte tenu que nous avons réussi à inscrire l’unique but qui nous a permis d’engranger les trois points du match. Voilà, il y a des matchs où le résultat prime sur la manière de jouer.

Qu’en est-il de l’état du terrain ?
Une catastrophe, un véritable handicap pour les joueurs. Il est difficile, pour ne pas dire impossible, de pratiquer un beau football. Il y a aussi les ballons non réglementaires, il faut noter qu’un joueur ne s’exprime qu’avec un bon ballon et sur un bon terrain, surtout pour un joueur technicien. Un terrain pareil est tout simplement impraticable. Lors du dernier match disputé à Ain Defla sur un terrain doté d’un gazon synthétique 5e génération neuf, nous avons pu développer un beau football. J’espère que les autorités concernées songeront à sa réhabilitation en le dotant d’un nouveau tartan synthétique.

Comment appréhendez-vous la suite du championnat ?
On est entrés dans la période difficile, on est à la huitième journée, ce sont pratiquement tous les clubs qui ont atteint leur niveau. Désormais, tous les matchs seront difficiles à négocier. C’est pour cela qu’on doit rester concentrés et continuer à travailler avec le même rythme et cadence, il ne faut pas lâcher du lest ou s’enflammer, c’est aussi le côté mental des joueurs qui entre en jeu, ils doivent se montrer lucides. Le championnat n’est qu’à son entame. Même si nous avons un calendrier qui est un peu en notre faveur, on doit impérativement en profiter et bien négocier les deux prochains matchs et engranger le maximum de points pour se mettre à l’abri de la pression. On doit éviter de courir derrière le résultat. Avec l’accession de huit équipes, ce sera de plus en plus compliqué.

Le public de Sour El Ghozlane est très exigeant, peut-être même trop. Ne pensez-vous pas que toute cette pression pourrait avoir un impact négatif sur les joueurs ?
Sincèrement, ce n’est pas propre à Sour El Ghozlane, c’est partout la même chose, le public qui soutient son équipe a le droit d’exiger de bons résultats. Malheureusement, il y a des pseudos supporters qui n’ont rien à voir ni avec le club ni avec le football, mais qui ne sont là que pour ternir l’image du club. On ne peut s’en prendre à un joueur ou entraîneur, en proférant des insultes et injures quels que soient les résultats surtout que l’équipe marche bien et occupe la première place. Que cherche-t-on sinon à casser l’équipe ? Une chose est sûre, c’est qu’il n’y a plus de football en Algérie. Je n’ai jamais imaginé que le football deviendrait ce qu’il est aujourd’hui. C’est vraiment dégoûtant de voir tout cela.

Entretien réalisé par M’hena A.