Accueil Sport Le mal du foot algérien, parlons-en !

FAF - Le nouveau système au menu de l’AGEX aujourd’hui

Le mal du foot algérien, parlons-en !

322

La FAF tient son conclave extraordinaire aujourd’hui pour entériner le nouveau système de compétition à asseoir dès la prochaine saison. Tout un chamboulement qui au fond se résume à une parade pour tenter de sauver le professionnalisme instauré à la hâte en 2010 et qui ne semble pas prendre, faute d’une autorité qui impose les mesures adéquates.

En effet, lancé lors de la saison sportive 2010/2011, le football professionnel, et après huit ans d’exercice, est loin de sortir la tête de l’eau. Les clubs n’arrivent toujours pas à s’adapter, encore moins à se mettre en conformité avec les exigences du monde footballistique professionnel. Confrontés à moult difficultés, notamment d’ordre financier et infrastructurel, la majorité des clubs roulent en système amateur.

En effet, hormis l’USM Alger (dans le temps désormais), le MC Alger qui est reprise pas Sonatrach qui injecte des sommes faramineuses dépassant l’entendement et relevant des deniers publics, le CSC et tout récemment le CRB, tous les autres clubs y compris ceux accompagnés par des entreprises nationales et privées se trouvent otages des actionnaires qui éloignent toute idée de procéder à l’ouverture de capital et dont le leitmotiv est de durer le plus longtemps possible, se refusant de lâcher le gâteau.

Une donne qui ne permet pas aux clubs de s’accommoder au mode professionnel. Les mesures d’accompagnement de l’État dans ce changement de statut ont trop duré, puisque à ce jour des subventions sont accordées au SSPA, via les CSA. Une opération illégale, non réglementaire et inadmissible consistant à verser de l’argent des deniers publics pour maintenir des sociétés en faillite, donc censés déposer le bilan. Cet état de fait n’est pas fait sans encourager les squatteurs à continuer à se prendre pour de véritables barons d’entreprises avec des apports frisants le mépris. Ceci dit, le mal qui ronge la balle ronde professionnelle dans notre pays est comme voulu. Tout le monde sait que le moindre contrôle mettra à nu le disfonctionnement des SSPA et fera voler en éclat les «gestionnaires» des clubs professionnels, mais aussi la majeure partie des instances du football à tous les niveaux.

Les pouvoirs publics font mine de ne pas voir

Les pouvoirs publics censés prendre une décision courageuse afin de mettre fin à cette hémorragie semblent plutôt adhérer à ce marasme qui prive les clubs d’être repris par des sociétés nationales ou des investisseurs privés capables de mettre tous les moyens à leurs dispositions. La réglementation régissant les SSPA des clubs professionnels prête à confusion. La dernière sortie de la FAF qui se propose de trouver des solutions pérennes pour l’avenir du football professionnel n’est pas supposée être bien accueillie par les actionnaires en place, lesquels dans leur majorité vont s’obstiner à procéder à l’ouverture des capitaux.

D’ailleurs, l’appel de la plus haute instance de la balle ronde nationale est resté lettre morte pour la simple raison que si cette opération venait à se concrétiser, elle va anéantir tout bonnement leurs intérêts. Nombreux sont ceux qui sont à la tête de clubs qui veulent continuer à diriger «leurs royaumes» avec l’argent des deniers publics à travers des contrats de partenariat et de sponsoring, subventions et autres dons.

La majorité des CSA qui détiennent le plus grand nombre d’actions, donc actionnaires majoritaires au niveau des SSPA, ne font généralement rien pour changer la donne, soit par méconnaissance des textes ou voire carrément par l’incompétence de leurs bureaux exécutifs. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, les patrimoines des nombreux clubs qui nécessitent toute une procédure administrative, notamment un commissaire aux apports désigné par la justice, ne sont pas encore évalués. Un manquement qui empêche l’ouverture des capitaux. Aussi, il est vraiment temps de passer à l’action pour chasser ceux qui dilapident les deniers publics en se permettant le luxe de payer des joueurs à coup de deux, voire trois cent mille dinars le mois, au moment ou des citoyens algériens n’arrivent pas à subvenir au minimum des besoins de leurs progénitures.

Le gel de la Dncg favorise l’anarchie

La Fédération Algérienne de Football, garante de l’application des textes en vigueur n’est pas aussi sans avoir une part de responsabilité dans cette situation critique que vit le sport roi dans notre pays. En effet, le (re)gel de la DNCG, qu’à priori, la FAF ne veut toujours pas relancer de manière effective, quoique cet organe soit prévu par les textes (loi n°04-10 aout 2004 relative à l’éducation, physique et aux sports ainsi que par le décret exécutif n°05-405 du 17 Octobre 2005) dénote du manque de volonté à mettre fin à l’anarchie qui prévaut au sein des clubs. Les traitements des dossiers relevant des prérogatives de cette structure sont gérés en dehors de ce cadre.

Chargée de contrôler la gestion des clubs opérant dans le championnat de football professionnel, donc relevant de la Ligue de football professionnel (LFP), la dite direction n’a pas pu fonctionner régulièrement depuis sa mise en place en 2012 avant d’être réactivée par le bureau fédéral en place et puis mise à nouveau carrément au placard peu de temps après. Une décision qui favorise de fait toutes sortes de dépassements dans la gestion. Les assemblées des actionnaires se font rares, les réunions des conseils d’administration aussi, les bilans ne sont pas établis dans les délais impartis, une comptabilité qui laisse à désirer sont, entre autres, autant de dérives qui restent impunies en l’absence d’une commission de contrôle.

La FAF et la LFP qui ont, elles aussi, le droit de regard n’ont jamais aussi tenté de fouiner dans la gestion financière des clubs. En somme une «retenue» qui arrange les intérêts de toutes les parties, sauf bien évidement ceux relatifs à l’évolution des moyens modernes pour une gestion saine et transparente de nos clubs professionnels et par ricochet, le meilleur pour le sport roi national.

S Klari.