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LYAZID AMIROUCHE, président de l’OS El Kseur

«On est asphyxiés financièrement»

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Le président de l’OSEK, Lyazid Amirouche, parle dans cet entretien du début de la saison 2019-2020 et surtout de la crise qui secoue son club sur le plan financier, notamment.

La Dépêche de Kabylie : L’OSEK est première en Championnat. Un mot sur le parcours réalisé jusque-là ?
Lyazid Amirouche :
Certes, c’est un bon début mais il faut savoir qu’avant l’entame du Championnat, on n’avait pas tracé comme objectif l’accession, vu les moyens dérisoires dont dispose le club. D’autre part, nous avons un groupe homogène, où plus de 70 % de l’ossature de la saison écoulée a été maintenue, dont la majorité est expérimentée. Il ne faut pas oublier que la stabilité est importante dans une équipe. Aussi, lors du dernier match joué, on a découvert des éléments qui jouent avec hargne. Bref, je dirais que notre parcours est très honorable.

La suite, comment la voyez-vous ?
Ce sera difficile de maintenir l’état d’esprit des joueurs, si les moyens financiers ne suivront pas. Comme vous le savez et annoncé sur votre journal, les joueurs avaient boycotté les premières séances de la reprise de la semaine qui a précédé le match face à Chéraga. On a dû chercher de l’argent pour régler quelques choses et chaque semaine, c’est pour nous un combat, tant que ce problème financier persiste.

Et l’APC d’El Kseur dans tout cela ?
Au niveau de l’APC, ils font tout pour trouver des aides pour le club, et ce à travers leurs relations. Imaginez que dans le budget primitif de 2019, l’APC ne pouvait rien faire, avec seulement 300 millions comme subventions. Quand on connaît la région d’El Kseur et avec le nombre important de clubs, malgré cela, ils nous ont voté 120 millions de centimes. Mais ces derniers ne sont pas encore entrés dans les caisses du club. Pour un club comme l’OSEK, c’est dérisoire par rapport aux besoins réels de toute une saison. En tout cas, l’APC essaye de sensibiliser les entreprises afin qu’elles aident le club sur le plan financier. En un mot, l’asphyxie financière gangrène la vie de l’OS El Kseur.

Qu’en est-il des autres organismes de l’État ?
De la part de la DJS, on a reçu une subvention de 60 millions de centimes du budget primitif, mais elle n’est pas encore entrée dans les caisses de l’OSEK. Cet argent est au niveau du CF. On l’attend. On nous a même promis une prime d’accession dans le cadre du budget supplémentaire mais on ne sait pas quand l’argent entrera dans les caisses du club. Au mois de juillet passé, le président de l’APW de Béjaïa m’avait promis beaucoup de choses mais trois mois après, rien ne se profile à l’horizon. La semaine passée, j’ai eu l’information selon laquelle la commission de l’APW nous a octroyé 20 millions de centimes. Un montant où la prime de l’accession figure aussi. On m’a même promis un sponsor, en vain. A ce jour, il n’a point tenu ses promesses.

Et quelle est la solution, selon vous ?
J’ai déjà déposé ma démission. Je suis allé voir les anciens dirigeants et joueurs afin de les inviter à bien entourer le club, car à l’OS El Kseur, on n’a ni moyens humains ni moyens matériels. J’avoue que les quatre dirigeants actuels, qui se donnent à fond pour le club, m’ont dit que si j’arrête, ils vont arrêter eux aussi. C’est pour vous dire que je suis entre l’enclume et le bâton. Certes, on a vu les opérateurs économiques, mais ils ne veulent pas aider le club. Ils ont les moyens de le faire mais ils ne le font pas. Ils préfèrent aider d’autres clubs.

On vous laisse conclure…
Je tiens à remercier les autorités locales, soit l’APC d’El Kseur, qui font de leur mieux pour aider le club. Je profite de l’occasion pour lancer un énième SOS aux autorités de la wilaya pour aider l’OSEK mais aussi aux opérateurs existant au niveau de notre commune afin de venir au stade pour voir de visu ce qui se fait. Les donateurs sont membres de l’AG. Donc, l’argent qui entre de leur part sera le bienvenu et on ne les oubliera pas. Les commerçants de notre ville sont également appelés à aider du mieux qu’ils peuvent le club.

Entretien réalisé par Rahib Medhouche