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OMAR ALLACHE, président du CSA MC Bouira

«On n’a pas les moyens de notre politique»

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Ancien joueur du club, Omar Allache est actuellement président du CSA MC Bouira. Dans cet entretien, il parle des contraintes rencontrées et de ses ambitions.

La Dépêche de Kabylie : Le MCB perd à domicile et gagne en déplacement. Comment expliquez-vous cela ?
Omar Allache : C’est ça, le football. On peut rater un match qui était largement à notre portée et remporter un autre difficile. Mais il faut savoir que le MCB a été rajeuni à plus de 85 % et que la moyenne d’âge de l’équipe est de 22 ans. Nous n’avons gardé que cinq joueurs de la saison écoulée. Ceci dit, je reste confiant que tout va rentrer dans l’ordre. Désormais, on ne doit plus laisser échapper les points à domicile. Une chose est sûre, l’entraîneur Ali Tellal est en train de faire du bon travail, en essayant de mettre en place les automatismes qu’il faut pour construire une équipe performante. Mais ce n’est pas ce qui m’inquiète.

Qu’est-ce qui vous inquiète alors ?
Ce sont les moyens. Le MCB a toujours été traité en-deçà de sa valeur. D’ailleurs, la subvention octroyée au club est en deçà de ses besoins et la dernière accordée par l’APC de Bouira nous permet à peine de régler les fournisseurs, le transport et la restauration de la saison passée. Comment gérer alors cette saison ? Nous avons pris attache avec plusieurs opérateurs économiques, entreprises et sociétés, pour un éventuel contrat de sponsoring. On nous demande de faire une demande, mais sans aucune suite.

Pourtant, on ne leur demande pas de nous donner de l’argent mais de prendre en charge l’équipement sportif des joueurs, leur restauration ou déplacement et que tout soit fait noir sur blanc. Sincèrement, c’est difficile de continuer de travailler dans de telles conditions. Reste que l’APC de Bouira nous a promis de revoir à la hausse la prochaine subvention. Il faut savoir aussi que c’est maintenant, en début de saison, que le club a besoin de moyens pour vêtir les jeunes, de l’école aux seniors, avec un équipement sportif adéquat, leur offrir un repas chaud, lors d’un déplacement… Je vous avoue que faute de moyens, récemment, ce sont des joueurs aidés par leurs entraîneurs qui ont cotisé pour l’achat d’un équipement pour les entraînements.

Quel est l’objectif tracé pour cette saison ?
Le MC Bouira est un club formateur, on puise des jeunes catégories de l’équipe qu’on renforce avec des jeunes qui n’ont pas eu la chance d’évoluer dans un autre club. Plusieurs joueurs, évoluant aujourd’hui dans des clubs de la Division une Mobilis, à l’instar de Bensayeh (JS Kabylie) et Salhi (CS Constantine), ont commencé avec le MC Bouira. Par conséquent, on ne peut parler de jouer les premiers rôles avec des moyens dérisoires. Il faut avoir les moyens de sa politique sinon…

Plusieurs clubs sont domiciliés et s’entraînent au stade Saïd Bourouba. Comment faites-vous pour vous partager les créneaux d’entraînement ?
En effet, on est plusieurs équipes, toutes catégories confondues, à se partager les créneaux d’entraînement. Ce sont les jeunes catégories qui en souffrent le plus, compte tenu du fait qu’elles s’entraînent après l’école. Elles n’ont de ce fait pas assez de temps d’entraînement. En outre, l’éclairage du stade ne fonctionne pas. Quand les joueurs arrivent au stade à 17h00, une demi-heure après, c’est déjà la nuit. Notre souhait est que les autorités locales procèdent à son rétablissement le plus tôt possible, cela arrangera tous les clubs qui s’y entraînent.

Entretien réalisé par M’hena A.