«Les visiteurs de notre quartier ne penseront jamais qu’ils sont au chef-lieu d’une wilaya, car nous vivons dans un autre monde, bien différent de celui des autres quartiers de la ville de Bouira. » C’est ainsi qu’a résumé un habitant du quartier des 140 Logements de la ville de Bouira, le quotidien de ses résidents. En effet, la périphérie ouest du chef-lieu de la wilaya manque pratiquement de toutes les commodités et ressemble plutôt à une cité-dortoir qu’à une cité résidentielle. Ses habitants n’ont jamais cessé de réclamer l’amélioration de leur cadre de vie, mais sans grands résultats.
Ils ont réclamé la réalisation d’infrastructures pour le service public, à l’instar d’une salle de soins, d’un marché de proximité, d’un stade et d’une aire de jeux. Mais également la réalisation d’un nouveau siège pour l’antenne de l’état civil de ce quartier, qui est toujours dans le rez-de-chaussée d’un bâtiment. En plus de ces revendications, les habitants ont réclamé l’accélération des travaux au niveau des nombreux chantiers en cours près de leurs immeubles. Des chantiers qui provoquent, selon eux, des nuisances sonores durant toute la semaine et constituent un véritable danger pour les piétons, les enfants en bas âge, notamment.
Aussi, les mouvements incessants des camions poids lourd, souvent chargés de matériaux de construction ou de gravats, causent également la détérioration du réseau routier de ce quartier. «Les autorités locales, à leur tête le maire et le chef de la daïra de Bouira, doivent se ressaisir et revoir la politique de gestion des projets de développement dans notre commune, car tout simplement cette politique a toujours été injuste et notre quartier a de tout le temps été en marge du développement», se désole un autre habitant de ce quartier, qui n’a pas hésité à énumérer une longue liste de carences et de manquements, à l’instar de la défaillance des réseaux d’assainissement et d’éclairage public et l’absence d’un arrêt réglementé pour le transport : «Nous n’avons pratiquement rien dans ce quartier à part une petite antenne de l’état civil qui est dotée d’un seul guichet !
Cette entité administrative se trouve déjà en état de dégradation et devra être délocalisée vers un lieu plus adéquat pour les fonctionnaires et les citoyens. » Par ailleurs, ces citoyens ont réclamé la relance des projets pour la réalisation d’un marché de proximité et d’un stade matico. Ces deux projets inscrits, respectivement, en 2015 et 2017, n’ont toujours pas été livrés, en raison de l’arrêt injustifié de leurs travaux de réalisation. «Ces deux projets avaient été annoncés en grande pompe et deux anciens walis se sont même déplacés sur les lieux pour lancer les travaux, mais malheureusement, plusieurs années après, ils sont à l’arrêt, malgré le fait que des assiettes de terrain et des budgets aient été réservés à cet effet.
Les responsables locaux ne font rien pour les relancer ou au moins expliquer les raisons de ce blocage !», ajoutent d’autres résidents. Il est utile de rappeler que les habitants du quartier 140 logements sont montés au créneau à plusieurs reprises, notamment en procédant au blocage du contournement-ouest de la ville de Bouira. D’ailleurs, la dernière action de protestation remonte à la soirée de lundi dernier. Mais malheureusement, aucun responsable local ne s’est déplacé au chevet des protestataires, qui ont fini par libérer la route tard durant la même soirée.
O. K.

