La production oléicole dans la wilaya de Boumerdès est très prometteuse cette saison. Tout le monde s’accorde à dire que cette saison sera la meilleure des trois dernières années en qualité et en quantité. À quelques semaines du lancement de la campagne de cueillette des olives, toutes les huileries modernes et traditionnelles de la région sont ouvertes et s’apprêtent à recevoir les premiers clients. À la direction des services agricoles, l’optimisme s’affiche dans tous les visages y compris des fellahs qui s’y rendre. Ici, on table déjà à une production qui dépassera les 2,7 millions de litres d’huile d’olive.
Une hausse jamais enregistrée depuis plusieurs années, selon des oléiculteurs. L’année écoulée, la production n’a pas atteint les 7 000 litres d’huile d’olive, une année très cauchemardesque pour les fellahs et producteurs d’huiles d’olives. Les conditions climatiques du début de novembre dernier ont permis au fruit de murir convenablement et d’éviter des maladies, comme le mildiou qui a ravagé les cultures l’année passée. Outre cela, des fellahs ont été formés aux techniques phytosanitaires contre notamment les parasites qui touchent les oliveraies, particulièrement au moment de la poussée des fruits durant l’été.
En sus de cela, l’entretient des arbres a contribué à l’amélioration du fruit qui demande l’aération et l’exposition au soleil pour prendre sa forme et sa couleur finale. Les ménages espèrent en cette amélioration de la production, la stabilité des prix de l’huile d’olive. Actuellement, le litre d’huile d’olive est cédé à 700 DA. Ce prix touche majoritairement la récolte de la saison dernière. Dans certains endroits, elle se vend à 600 DA au moins, mais elle n’est pas de bonne qualité. C’est le témoignage d’un chef de famille qui avoue avoir déboursé 1 000 DA pour en avoir 2 litres de mauvaise qualité.
Certains profitent pour arnaquer ceux qui ne connaissent rien en ce produit de terroir très prisé. Par ailleurs, la wilaya de Boumerdès a un grand potentiel de développer l’oléiculture, et ce en raison de l’étendue de la surface cultivée et les bonnes conditions climatiques.
7 530 hectares est la surface cultivée sur le territoire de la wilaya alors que d’autres surfaces sont réservées à la plantation de nouvelles oliviers et ces espaces sont situées majoritairement dans le versant Sud-est et Est de la wilaya, où l’activité est très prisées dans les zones rurales. Vingt neuf huileries dont sept traditionnelles sont ouvertes à l’échelle de la wilaya, mais cela reste insuffisant en cette année abondante où plusieurs fellahs et oléiculteurs cherchent à triturer de l’huile dans des huileries des autres régions, notamment de Tizi Ouzou, d’où la nécessité d’ouvrir de nouvelles huileries. Les pouvoirs publics doivent encourager les jeunes et porteurs de projets de se lancer dans ce créneau porteur afin d’améliorer le développement local.
En quête du marché extérieur
L’exportation de ce produit de terroir reste embryonnaire, mais il présente toutefois un potentiel à valoriser d’autant plus que le produit peu concurrencer les autres pays pionniers de la rive méditerranéen, comme l’Espagne. C’est l’avis de certains oléiculteurs de la région qui affichent un grand optimisme quant à l’exportation dudit produit vers l’Europe et le continent américain.
Le jeune Mourad Nait Ali, un oléiculteur de Timezrit, à l’extrême Sud-est de la wilaya, a réalisé un grand exploit en exportant vers la France de l’huile d’olive sous un emballage très original. «Cela s’est fait en 2015, où j’ai pu exporter près de 1 500 coffrets artisanaux contenant deux petites bouteilles d’huile d’olive vers la France», dira Mourad. Des efforts doivent être consentis afin d’encourager l’ouverture au marché extérieur et il semble que l’agence nationale de la promotion de l’exportation (ANEXAL) pourra jouer un grand rôle dans l’introduction des produits algériens dans les marchés extérieurs.
Z Youcef

