Par DDK | 2 Novembre 2005 | 337 lecture(s)
Une toile dans le rock’n’ blues kabyle
Beaucoup prédisent le déclin de la chanson kabyle d’aujourd’hui, méconnaissance du domaine oblige, ils ne cessent de peindre un tableau sombre de cet art. Il n’est pas question de les contredire, si la chanson kabyle est réduite à quelques opportunistes qui s’y sont retrouvés par le hasard des choses, mais passeront sans même laisser de trace. Mais comme une hirondelle ne fait pas le printemps, à croire le proverbe français, des oiseaux porteurs d’espoir et de talent, peuvent faire et feront le printemps de la chanson kabyle moderne.Magsen, (retenez bien ce nom), dans le sillage des Abranis qui ont fait le printemps du moderne, Ali Amrane et In Asliyen, est déjà prêt à relever le défi, et signer son entrée fracassante dans le monde du rock et du blues kabyles.ce natif d’Assi Youcef n’a jamais confondu vitesse et précipitation. Son premier album sortira bientôt et n’est pas en retard, le temps de mûrir son produit, pour qu’il puisse mériter ce nom de produit artistique durable et digne de cet art, pense-t-il.La musique, Magsen, il a grandi avec, “ingurgitant” sans modération les mélodies de Idir, Barzotti, les Abranis, Bachelet, dès la prime enfance. Son cousin Rachid lui a fait aimer en lui faisant écouter ces chanteurs sus-cités. Mais lui, il craque pour les auteurs et interprètes de Lynda, par dessus tous. Mais à 26 ans, il s’est mis dans la tête l’idée de chanter. Ce premier album déjà n’est pas passé inaperçu avant et lors de l’enregistrement. Ali Ferhati chez qui il a enregistré lui prédit un bel avenir,ainsi que nombre d’animateurs de la chaîne II tels que Arezki Azzouz et Bélaïd Tagrawla chez qui il s’est classé premier des jours durant dans le hit-parade.Cela ne lui fait pas pousser des ailes pourtant, mais il décide d’aller doucement mais sûrement.D’emblée, il se rend à l’évidence que l’art en général et la chanson en particulier, sont l’apanage d’un groupe. Ceci dit, chacun doit s’y mettre dans sa spécialité, le domaine qu’il maîtrise mieux. Etre auteur-compositeur-interprète n’est pas une garantie, ou un label de qualité. L’hypocrisie et le manque de sincérité envers soi-même d’abord, puis envers le public, ne feront pas l’affaire d’un chanteur qui veut épouser sérieusement cet art, qui n’est pas du tout un jeu. On ne badine pas avec “l’art”, pour paraphraser, Alfred de Musset, c’est pour cette raison que Magsen a jeté son dévolu sur la poésie de ceux qui la maîtrisent. Ainsi trois textes sur six uniquement sont de lui et les trois autres sont de Salem et Amrane Youcef. Pour ses prochains produits, notre interlocuteur pense ne chanter que les textes des autres, pour se concentrer sur les compositions musicales qui sont son champ de prédilection. Magsen ne veut pas tricher avec soi-même et avec l’art. tant mieux pour lui et pour l’art, et tant pis pour ceux qui trichent.Le public attend ce nouveau-né de Magsen, plutôt sa première naissance, qui contient six titres, où tous les thèmes sont abordés : amour, morale, social, revendication identitaire et la mise à nu de défauts humains. Les titres sont : Laghrur, (promesses non tenues), Tafsut (Printemps), Mimezran (Cheveux d’ange), Zigh akka (Hélas), Itkhilem (Supplications), Aseqqadh n rray (Le déroutant).Magsen en amoureux de la musique rock’n’blues estime qu’il est impératif d’innover pour porter la chanson kabyle le plus loin possible, et ne pas patauger dans le classicisme et la routine. Il confie qu’il aurait souhaité chanter Lynda des Abranis, ce groupe qui lui donne sa source d’inspiration. Il ne dissimule pas son admiration également pour Ali Amrane qui a donné un souffle nouveau pour la chanson kabyle moderne, mais aussi pour Dire Straights et De Palmas.Magsen ajoute que ce n’est pas écrit dans le destin de la chanson kabyle de ne pas adopter le rock, le blues ou le rock country. “Il faut sortir du cercle restreint, et universaliser notre art”, ne cesse-t-il de marteler;Ceci est d’ailleurs son rêve, créer un groupe rock, tourner à travers le monde. Avec le travail et la persévérance, rien n’est interdit.Magsen qui privilégie la guitare électro-acoustique, tient à remercier vivement Ali Ferhati qui lui a ouvert les portes de son studio et son aide inestimable ainsi que son encouragement.Il remercie également Arezki Azouz, Bélaïd tagrawla, Mazigh, et autres animateurs de la Chaîne II qui l’ont encouragé et Bazou le célèbre arrangeur qui a mis au point son produit.Bon courage l’artiste et bonne chance.
Salem Amrane






