Par Karima Talis. | 4 Avril 2013 | 6290 lecture(s)

Tizi-Ouzou Il se tiendra après-demain, à la maison de la culture

Hommage à Dahmane El Harrachi

La direction de la culture de la wilaya de Tizi-Ouzou rendrahommage au maître du chaâbi, Dahmane El Harrachi, après-demain samedi, au niveau de la maison de la culture Mouloud Mammeri.

A l’occasion, une exposition permanente de photographies et d’articles de presse sera proposée au public, dans le hall de la maison de la culture. Le petit théâtre de la structure culturelle accueillera, quant à lui, une projection vidéo sur la vie et l’œuvre de Dahmane El Harrachi, tirée des archives de la télévision nationale algérienne (ENTV). Dans l’après-midi de la même journée, à 14 heures, les amoureux du chaâbi ont rendez-vous, dans la grande salle de la maison de la culture, avec un spectacle hommage au défunt artiste, auquel participeront de grandes figures de la chanson algérienne. Des témoignages sur la vie et l’œuvre de l’artiste, seront livrés par sa famille et ses amis, notamment, son fils, Kamel El Harrachi, Rachid Mesbahi, Akli Yahiaten et Kamel Aziz. Dahmane El Harrachi, de son vrai nom Abderahmane Amrani, est né le 7 juillet 1926 à El-Biar, un quartier d’Alger. Il était le benjamin de onze enfants. Après sa naissance, la famille déménagera à Belcourt, puis s’installera définitivement à El Harrach, d’où son futur nom d’artiste. Il s’initie très tôt au banjo, il est influencé par le chanteur chaâbi, Khelifa Belkacem. A l’âge de 16 ans, il interprétait déjà les chansons de ce dernier. Le certificat d’études en poche, il travailla comme cordonnier puis receveur de tramway sur la ligne reliant El Harrach à Bab El Oued. C’était déjà un virtuose du banjo et beaucoup de chanteurs chaâbi des années quarante s’offrent ses services, à l’instar de Hadj Menouar, Cheikh Bourahla, Cheikh Larbi El Annabi, Abdelkader Ouchalal et Cheikh El Hasnaoui. A la fois auteur et compositeur, il marquera à sa manière le chaâbi, en imposant son propre style. Ses chansons parlent du vécu, dans une langue compréhensible par toute la communauté maghrébine. Il enregistre son premier disque chez Pathé Marconi en 1956 pendant la guerre de libération nationale. Sa première chanson, qui portait le titre de Behdja bidha ma t’houl (Alger la blanche ne perdra jamais de son éclat) est la première d’un très long répertoire, riche d’environ 500 chansons dont il est lui-même l’auteur. Sa voix rocailleuse convenait parfaitement à son répertoire. Il brossa les thèmes de la nostalgies du pays «l’ghourba», les souffrances de l’exil, sa passion pour Alger sa ville natale, l’amitié, la famille, l’amour, les vicissitudes de la vie, la droiture…tout en fustigeant la malhonnêteté, l’hypocrisie, l’ingratitude et la mauvaise foi. Parmi ses inoubliables chansons, les éternelles : Zoudj hmamet, Ach eddani nkhaltou, Khabbi serek, Elli fat mat, Ya rayah, yal hajla, Ma idoum ghir essah… Découvert sur le tard en Algérie, car il a fait toute sa carrière en France, il ne se produisit qu’une seule fois en public, en 1974 à la salle Atlas d’Alger, où il remporta un énorme succès.

Karima Talis.

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