Par DDK | 4 Septembre 2018 | 962 lecture(s)

Agouni Gueghrane - Conférence de Hend Sadi

L’apport de Slimane Azem à l’Académie berbère

Dans le cadre de la célébration du centenaire de la naissance de Slimane Azem, M. Hend Saadi, ancien animateur du mouvement culturel berbère, a assuré une conférence, samedi dernier, sur l’apport de Slimane Azem à l’académie berbère. Devant l’assistance, Saadi a fait remarquer que «rares sont les hommes qui aiment leur pays comme Slimane Azem. Dans l’une de ses chansons, il avait dit, «l’Algérie habite mon cœur et moi j’habite ailleurs». Hend Saadi fera l’historique de la revendication de la dimension Amazigh, et de ses pionniers, à l’image d’Ali Laïmeche et Boulifa. «La revendication Amazigh n’a pas eu le dessus. Les Oulémas, le mouvement des Arabo islamistes d’Ennahda, se sont imposés. Ben Badis et Bachir el Ibrahimi ont réussi à écarter l’Amazighité». Hend Saadi rappela à l’assistance que «lorsque feu Hocine Ait Ahmed prénomma son fils Jugurtha, El Bachir El Ibrahimi l’interpella pour lui demander pourquoi appeler son fils du nom d’un mécréant ? Pour eux, Jugurtha est un infidèle alors qu’il était une référence pour le reste du monde». La contribution de Mouloud Feraoun et de Mammeri, même ayant écrit en langue Française, a éclairé les esprits, notamment en Kabylie, sans pour autant atteindre l’objectif suprême. A l’indépendance, le pouvoir militaire de Ben Bella et de Boumediene par la suite, ont consacré l’arabe langue nationale et officielle au détriment de Tamazight dont, à l’époque, le seul usage était passible de prison. L’orateur fera une rétrospective sur la création de l’académie berbère(Agraw Imazighen) depuis la première réunion tenue le 14 juin 1966, en présence de Taous Amrouche, Mohand Arab Bessaoud, Abdelkader Rahmani (premier président de cette association du bureau d’Août 1966), de Mohamed Amokrane Khlifati et bien d’autres au domicile de Taos Amrouche à Paris. M. Sadi indiquera quant à la contribution de Slimane Azem «qu’il avait appuyé ce mouvement en organisant un gala artistique le 8 juin 1969 avec la participation d’Akli Yahiatène, Oukil Amar, Salah Saâdaoui, Mohamed Saidji et bien d’autres, un gala animé par Hamid Radio-Paris. Ce fut un franc succès, la naissance officielle de l’académie berbère», a-t-il estimé. Pour l’orateur, le deuxième gala organisé par Slimane Azem en 1974 à la Mutualité, en dépit de l’Amicale des Algériens qui avait tout fait pour l’empêcher, fut une autre victoire pour Agraw Imazighen. «Il fut d’un apport financier à l’académie, du fait que l’argent était versé à l’association. Mais ce gala a surtout fait découvrir le mouvement aux nombreux kabyles. Et c'est à partir de là que l'adhésion fut massive», a-t-il relaté. Le conférencier a aussi souligné l’impact de la création de l’académie berbère en Algérie, notamment en Kabylie où deux événements ébranlèrent le régime de Boumediene : la grande manifestation de Larbaâ Nath Irathen en 1974, et la réaction du public sportif en finale de la coupe d’Algérie en 1977 entre la JSK et le NAHD, où le président de la République fut hué. «La création du groupe d’études berbères de Vincennes par des étudiants en 1972 dont M. M’Barek Redjala, fut aussi d’un apport considérable pour cette cause, dans le milieu estudiantin dominé, dans les années 70, par les militants communistes», a-t-il ajouté. Ce sont, a-t-il rappelé, les mots d’ordre de ce mouvement qui ont été mis en avant en avril 1980. Ces militants et artistes comme Slimane Azem, Mohand Arab Bessaoud et tant d’autres ont su réhabiliter Tamazight, le socle de l’identité algérienne en particulier et maghrébine en général», a martelé Hend Saadi. A rappeler qu’en soirée, un grand gala fut animé par de nombreux chanteurs notamment Farid Ferragui, Akli Yahiatene, Amel Zen,...

Hocine T.

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