Par DDK | 6 Septembre 2018 | 1661 lecture(s)

TIZI-OUZOU - Théâtre régional Kateb Yacine

Célibattantes et Juba II, les deux nouvelles pièces-maison

La rentrée sociale et scolaire est allée de pair cette année avec la rentrée artistique.

Le directeur du théâtre régional Kateb Yacine, M. Farid Mahiout, a annoncé, à l’occasion d’un point de presse animé avant-hier, deux nouvelles pièces théâtrales déjà ficelées et prêtes pour la générale. Il dira: «Tout le monde a été mobilisé : comédiens et personnel. Le travail se terminait tard dans la nuit, à l’auberge et au centre culturel d’Aïn El Hammam, lieux choisis pour la formation. La première pièce est dénommée Juba II, écrite et mise en scène par Lyès Mokrab, et la deuxième s’intitule Célibattantes, de Abderrahmane Houche, assisté de son conseiller M. Rabah Boucetta et du scénographe M. Habbel El Boukhari». Le directeur du théâtre précise que la préparation et les répétitions des deux pièces ont duré «plus de 40 jours». Célibattantes est tirée de faits socioculturels réels. Elle met en scène deux femmes: Zoulikha Talbi dans le rôle de Fatima et Kamellia Hacid dans le rôle de Zahra. A ce propos, le metteur en scène dira : «L’idée m’est venue avec la défunte comédienne Sonia. J’ai utilisé le style katébien (langage populaire) et l’adaptation est en langue kabyle. Si nous voulons que notre théâtre avance, il faut produire des pièces en langue kabyle». Revenant à la pièce, le même intervenant la présentera en ces termes : «Fatma venait juste de divorcer d’avec son mari, Mouh Saïd. Deux semaines plus tard, elle reçoit la visite de sa meilleure amie, Zahra, elle aussi divorcée. Toutes les deux ne dépassent pas la quarantaine. C’est une occasion d’évoquer les situations qu’elles vivaient quotidiennement dans leur vie de couple et de partager leurs impressions des hommes. En rentrant chez elle, Zahra a oublié son téléphone portable chez Fatima. Cette dernière découvre un SMS qui change toute la donne…». La deuxième pièce, Juba II, est un texte retenu par la commission de lecture. «Il m’a fallu cinq années de recherches et de réflexion avant de mettre sur pied ce projet. C’est à nous d’écrire notre histoire, celle de la Numidie. Un autre le ferait à sa convenance», insiste le metteur en scène. Il ajoute : «C’est un défi que je me suis lancé en imaginant les périodes qu’il (Juba II) avait vécues. Je les ressens». Brièvement, Mokrab Lyès retracera la vie de celui qui participa à la rébellion menée par Takfarinas. Né à Hippone (actuelle Annaba) en 52 av. J-C., Juba II est le fils de Juba I. Il avait à peine cinq ans quand le royaume de son père s’effondra. Capturé par les Romains et pris en otage, il fut intronisé, plus tard par l’Empereur August, roi de Mauritanie. Hautement cultivé, il avait étudié la littérature, l’Histoire, la géographie… Son ouvrage le plus connu, Lybica, retrace l’histoire du pays des Berbères. A sa mort, 23 ans après J-C, Takfarinas pris le relais de l’insurrection, qui aura duré sept ans. M. Mokrab annonce, par ailleurs, qu’il travaille sur un nouveau projet devant mettre en lumière l’un des artisans de l’insurrection de 1871, El-Mokrani. L’adaptation de la pièce se fera d’abord en arabe, puis en kabyle. Notons, enfin, que la générale de Célibattantes est prévue pour le 8 septembre et celle de Juba II dix jours plus tard (18 septembre).

M A Tadjer.

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