Dans son introduction, l’auteur du lexique justifie cette publication par « …. un besoin urgent. En effet, le début du passage à l’écrit en langue berbère, après les années 60 dévoila le manque dont souffre notre langue en matière de termes modernes pouvant véhiculer un savoir moderne… » et l’auteur de continuer sur ce constat alarmant « Personne n’était en mesure à l’époque (les années 60 NDLR) de produire un texte en histoire ou autre discipline en utilisant uniquement le kabyle courant (ou autre parler berbère) ». Pour la grande histoire, la publication du premier Amawal remonte à 1974, moyennant un tirage limité, très limité… sous la houlette du père de la renaissance de tamazight, feu Mouloud Mammeri. D’autres publications suivront à l’instar de celle éditée en 1980 par la coopérative imdeyzen dont les exemplaires sont conservés précieusement par les heureux acheteurs de l’époque. L’Amawal est un outil de travail indispensable à tout chercheur, producteur du domaine tamazight. Il constitue également un outil didactique dont l’utilité est avérée aussi bien pour les enseignants que les élèves. A chaque regroupement ou autre séminaire le manque d’ouvrages spécialisés est signalé par le corps enseignant, ceci afin de permettre un enseignement de qualité. Depuis 1995, année du boycott scolaire qui a mis à nu le système éducatif qui ne reconnaissait que la langue arabe comme langue nationale, l’enseignement de tamazight a fait son bout de chemin. Cependant, afin d’assurer un enseignement de qualité, les enseignants ont besoin d’ouvrages tels que l’Amawal que constitue l’outil didactique de base. Qui peut un jour imaginer l’enseignement du français, sans le concours du dictionnaire Larousse ou Le Petit Robert pour ne citer que ces 2 références. Pour la petite anecdote, et la grande histoire Paul Robert le célèbre lexicographe qui a donné son nom au Petit Robert est natif de l’ex-Orléanville aujourd’hui Chlef. Né en 1910, reconnu pour tout ce qu’il a donné à la langue de Molière, on érigea un buste à son effigie.
M. O.
